Réunis en sommet extraordinaire à Accra au Ghana, les dirigeants ouest-africains ont désigné l’ancien représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel de 2014 à Avril 2021 Mohamed Ibn Chambas comme faciliteur dans la transition en Guinée. Cette désignation n’est pas appréciée par bon nombre d’observateurs de la scène politique en Guinée qui doutent de la capacité de l’homme à pouvoir résoudre les crises dans le pays après avoir fait plusieurs échecs de par le passé.
Interrogé ce lundi 8 novembre, le Président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne estime par contre qu’Ibn Chambas peut être l’homme de la situation connaissant le dossier et presque tous les acteurs concernés.
«Le critère fondamental pour choisir un médiateur ; c’est la maîtrise du dossier du pays. On ne peut pas prendre quelqu’un qui ne connaît pas la situation du pays pour faire de lui un médiateur. Donc je pense que le choix d’Ibn Chambas, c’est à la fois un atout mais aussi, il y a des risques » déclare-t-il.
Justement, parlant de ces risques et atouts, Dr Dansa Kourouma souligne:
« La familiarité poussée entre lui et les acteurs guinéens peut être un facteur de risque. C’est un atout parce qu’il connaît le pays, il connaît l’histoire du pays, il est connu des acteurs guinéens. Il a quand-même un background sur le suivi des dossiers guinéens et c’est ce qui constitue un atout. Donc je pense, et il est fondamental qu’il réinvente une méthode de travail, cette fois-ci qui puisse lui permettre de sortir la Guinée de cette transition » conseille Dr Dansa Kourouma.
La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest a, au cours sommet extraordinaire au Ghana, maintenu les sanctions infligées à la Guinée dès les premières heures du coup de force y compris la libération du Président déchu. Dr Dansa Kourouma quant à lui, pense plutôt que cette libération ne constitue pas un problème.
«A ce que je sache, M. Alpha Condé n’est pas en prison, peut être qu’il a une réduction de ses mouvements. Mais ce qui est important, c’est de permettre à la transition guinéenne de démarrer, d‘atteindre sa vitesse de croisière et d’aboutir à un retour à l’ordre constitutionnel. Dans cette procédure, la CEDEAO doit œuvrer à ce que tous les facteurs de risque soient éliminés. Si le président Alpha Condé constitue un, la CEDEAO doit prendre des garanties que ce facteur ne constitue un risque pour la bonne conduite de la transition »
Concernant la libération d’Alpha Condé, la CEDEAO à travers son émissaire Ibn Chambas doit avoir des compromis qui ne constituent pas de facteurs de risques pour la conduite normale de la transition a soutenu le Président du CNOSCG.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com