La fin du régime d’Alpha Condé était caractérisée par des arrestations extra-judiciaires, des assassinats qui ont poussé plusieurs jeunes de l’axe à prendre la fuite, certains sont allés jusqu’à s’exiler.
Pour ce premier numéro de notre rubrique: parole aux victimes de l’axe, nous tendons notre micro à Thierno Mamadou Ditinn Diallo, communément appelé « Ditinn”, qui a fait l’objet de tentative d’arrestation à plusieurs reprises avant de prendre la poudre d’escampette, nous dit-on.
Dans une interview exclusive qu’il a accordée à votre quotidien lerevelateur224.com, ce jeune leader très influent sur l’axe plus précisement à Wanindara, qui se bat depuis 2013 pour l’instauration de la démocratie en Guinée, a failli se faire arrêter le 18 mars 2020, mais avec un peu de chance, il a échappé à la tentative d’arrestation orchestrée par son chef de quartier :
“Le 18 mars 2020, j’ai fait l’objet d’une tentative d’arrestation, d’enlèvement et depuis ce jour, j’étais en cavale, j’étais en cachette. C’est le professeur Alpha Condé et son clan qui ne tolèrent pas notre noble combat qui ont voulu moi m’arrêter par le billet du Colonel Fabou Camara, Général Baffoé et le chef de quartier de Wanindara3, Fafa M’Biran Mané. Ce chef de quartier a dit qu’il a des informations sur des personnes, des commerçants, des jeunes qui financent les manifestations dans son quartier à Wanindara, depuis cette sortie médiatique, nous nous avons été dans des soucis majeurs notamment Elhadj Abdoulaye Baldé, l’imam qui a fait 11 mois à la maison centrale, Elhadj Nouhou qui a été arrêté le 18 mars, il a été détenu à la DPJ durant plusieurs jours avant d’être arrêté à nouveau au mois de décembre, avant de faire 9 mois à la prison centrale. Moi, ils ont passé par mille manières pour m’arrêter, mais ils n’ont pas pu. Ils me filaient, je les filais, j’avais des informateurs un peu partout, c’est grâce à ça que quand ils sont venus chez moi le 18 mars lors de l’arrestation d’Elhadj Nouhou, moi j’avais quitté. Comme on me recherchait activement, je me suis caché un certain temps avant d’aller en Sierra-Léone, précisément entre Nongowa et Koyn’dou, après je suis allé chez moi à Dalaba où je suis resté jusqu’à l’accouchement de ma femme, c’est après ça que je suis revenu”, a-t-il raconté.
Plus loin, ce jeune leader de l’axe qui a vu beaucoup de jeunes de son quartier se faire tuer, y compris son ami … et d’autres se faire blesser par balles précise qu’ils faisait partie d’une liste noire de trois personnes à abattre par les services de sécurité:
“Je rends un vibrant hommage à mon ami qui a été assassiné le 07 novembre en la personne de Mamadou Bella Baldé. Après quelques temps, j’ai rencontré une jeune dame qui m’a dit Ditinn, il faut faire beaucoup attention, vous êtes de ceux qu’ils veulent atteindre. Ils ont eu Bella, il reste toi Ditinn et Papimgo qui est actuellement en exil”, a-t-il relaté avec un coeur pincé surtout quand il parle de son ami froidement tué, avant d’ajouter:
“Ils pensaient quand ils mettent main sur nous ou s’ils nous assassinaient, les manifestations allaient s’arrêter à Wanindara, mais ils se sont trompés, parce que si vous l’avez constaté, de Hamdallaye à Kagbelen, c’est à Wanindara où il y a plus de manifestations. Nous n’avons pas reculé, parce qu’on croyait à notre combat, le combat du peuple de Guinée qui a finalement abouti avec la prise du pouvoir par le Colonel Mamadi Doumbouya”, a précisé le jeune Ditinn.
Pour terminer, cet exilé politique de retour dans son Wanindara qu’il avait quitté sous les menaces de mort et d’arrestation lance un message au CNRD :
“Nous demandons aux nouvelles autorités de penser à Wanindara, de penser à l’axe et en général au peuple de Guinée. Nous avons payé les frais pour la démocratisation de notre pays contre ce 3ème mandat. La jeunesse de Wanindara, elle s’est activée, elle s’est levée comme un seul homme, elle a regardé dans la même direction, elle a parlé le même langage pour dire non au 3ème mandat. Nous avons perdu plus de 30 jeunes à Wanindara, des jeunes qu’on a tués de 2018 à 2020, il y a eu plusieurs blessés, des destructions de biens privés par les forces de l’ordre, il faut que le CNRD pense à toutes les victimes et à leurs familles”, a lancé Mamadou Ditinn Diallo.
Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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