Un domaine situé à Kendoumayah, dans la préfecture de Coyah, fait l’objet actuellement de litige entre la population de ladite localité et l’Église catholique Saint Jean. Ce sont-là plusieurs hectares de domaines que l’Eglise catholique aurait achetés, le 16 août 1993, sous le Cardinal Robert Sarah, archevêque de Conakry d’alors, et un autre site de 35 hectares à Kinifi, occupé par des inconnus dont le dossier serait en attente à la justice.
Ce vendredi 22 octobre, l’avocat de l’Eglise Me Gabriel Kamano accompagné du curé de la paroisse de Koloma et autres responsable de l’Eglise a animé un point de presse à l’archidiocèse de Conakry, pour élucider la lanterne de l’opinion sur ce dossier qui a pris une autre tournure, il y a juste un mois où des violences ont été enregistrées entre les deux parties.
« Il y a maintenant plus d’une année, voire même deux ans que les problèmes ont commencé. L’Eglise qui a toujours prôné le pardon, le dialogue, la réconciliation, le vivre ensemble s’est abstenue d’engager une action n’importe laquelle contre un citoyen de Kendoumayah. Ce n’est pas parce que l’Eglise était dans ses droits, mais on le dit souvent qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès(…) les jeunes ont été manipulés sous prétexte que le domaine de l’Eglise appartiendrait au village et que pour avoir ce domaine ; le cardinal Robert Sarah aurait fait de promesses au village que l’Eglise allait bitumer la route de 7 km, électrifier tout le village. Un jour, on s’est transportés devant le préfet Aziz Diop, nous l’avons fait comprendre que toutes les œuvres que les villageois ont cité relèvent des pouvoirs de l’Etat. Parce que, pour ceux qui ne le savent pas, une route bitumée fait au-moins, 11 millions d’Euro, c’est le strict minimum. Donc plus de 100 milliards de franc guinéen. Quelle est cette entité de droit privé qui peut s’engager à faire de tels travaux pour une population ? On a dit que cela était archi faux, l’Eglise n’a promis quoi que ça soit’’, a expliqué l’avocat de l’Eglise.

A l’en croire, le jugement numéro 97 du Tribunal de Coyah, datant du 15 juillet 2021, a reconnu l’Eglise propriétaire du domaine qui l’a renvoyé par la suite à la jouissance de son domaine, tout en condamnant la population de Kendoumayah au versement de 150 millions de francs à titre de dommage. Une somme que l’Eglise n’a jamais demandé à cette population. Mais Depuis le début de ce conflit domanial en septembre, des dégâts matériels notamment la destruction de la plantation et du jardin potager chez les religieux et les prêtres. L’Eglise dénonce surtout le silence des autorités face à ces exactions alors qu’elles ont été saisies du dossier. Pour réconcilier les deux factions, ce vendredi le curé de la paroisse de Koloma, Père Apollinaire Cécé Kolié, l’un des religieux en charge de la gestion de ce dossier a invité tous les habitant de Kendoumayah, toutes confessions religieuses confondues à observer une journée de jeûne et de prières afin qu’un dénouement soit trouvé à ce problème qui les oppose.
Moussa Rama, pour lerevelateur224.com