Dinguiraye en dehors d’être une ville religieuse, est une ville aurifère par excellence. Les produits issus de ces exploitations minières devraient profiter aux populations de cette zone. Mais malheureusement, les responsables de cette unité n’agissent que pour leurs intérêts personnels et non des pauvres citoyens.
Le piétinement du code minier, le manque de sincérité dans la gestion entre le directeur préfectoral et les autorités locales des zones minières et la complicité de certains cadres préfectoraux font que les recettes ne sont pas gérées au bénéfice des populations.
Vu les conséquences néfastes du dragage opéré par les Bourkinabés qui utulisent la cyanure sur l’environnement, la vie des êtres humains et les animaux, en 2019, le juge d’alors Maître Sékouba Condé avait pris une ordonnance interdisant cette pratique à Dinguiraye.
Le maire de la commune rurale de Diatiféré Sory Amoroya BARRY accuse Monsieur Mamadou Alpha Condé, directeur préfectoral des mines et géologie de Dinguiraye d’avoir perçu une somme de 200 millions de francs guinéens des mains des Bourkinabés pour l’exploitation de la zone minière de Maléa dans le district de Karfa, sous-préfecture de Diatiféré, située à 50km du centre ville.
Selon lui, ce dernier veut imposer à ses citoyens des Bourkinabés. Et en tant que premier responsable de la commune, il n’est informé de rien. Et vu que ces pratiques sont plus maléfiques que bénéfiques, il s’oppose à toutes formes d’exploitation minière qui ne vont pas dans l’intérêt de ses populations. Le directeur ayant négocié le retour des Bourkinabés à 200 millions serait allé distribuer plus de 60 millions entre les cadres préfectoraux pour que ceux-ci l’appui dans sa démarche. Mais Il reste ferme sur sa décision.
“Je ne laisserai aucun Bourkinabé travailler sur le sol de Diatiféré car les produits toxiques qu’ils utilisent sont très dangereux. L’année dernière par exemple, les citoyens de Karfa ont perdu une vingtaine de têtes de bœufs et une quarantaine de moutons et chèvres. Ils menacent de quitter les lieux si toutefois les Bourkinabés reviennent dans leur zone”.
Pour Mambi Diop auxiliaire à Maléa, il affirme que le directeur préfectoral des mines avait envoyé Thierno Camara son représentant qui est à Diatiféré négocier avec eux l’arrivée des Bourkinabés, mais ils se sont carrément opposés. Car leur principale activité, c’est l’élevage, l’agriculture et l’orpaillage. Mais que leurs animaux valent mieux que les maigres sommes que paient les Bourkinabés.
Quant au directeur préfectoral des mines géologie Monsieur Mamadou Alpha Condé, il rejette à bloc cette accusation. Il n’est informé de l’arrivée d’un quelconque Bourkinabé à Diatiféré. Le dragage dont il est question s’effectue à Kifala non loin de Diatiféré centre (2km environ). Et c’est pour un citoyen Guinéen du nom de Alseny Kéita qui avait fait officiellement une demande d’autorisation d’essai de ses machines adressée au président de la commission nationale des mines et géologie et dont il a fait le choix transmis avec avis favorable. Tout de même, il reconnaît avoir vendu des rejets de Maléa (district de Karfa) à 65 millions de francs guinéens. C’est cet argent qui fût reparti entre tous les services concernés conformément à la clé de répartition élaborée par les ministères des mines et géologie, du budget et des finances. Une somme de 9.750.000fg a été envoyée au district de Karfa et 5.800.000fg à la sous préfecture de Diatiféré. Il accuse le maire d’avoir détourné une somme de 274 millions et 11kg d’or avec la complicité de certains cadres préfectoraux.
Pour le moment, la situation reste très confuse entre ces deux cadres et un bras de fer les oppose depuis plus de 2ans. Pendant ce temps, les populations tirent les conséquences de l’exploitation minière tant sur le plan environnemental qu’alimentaire.
Dinguiraye, Ibrahima Braddoc
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