Kanigbè Kaba, citoyenne vivant à Mamou, a été envoyée en justice par la femme de l’ancien préfet de Mamou, Dame Oumou Kaba pour abus de confiance.
Selon nos informations, la femme de l’ex préfet de Mamou, par peur, a trouvé loisible de confier une somme de 520 millions Francs guinéen à sa camarade Kanigbè qui vit dans la banlieue de Mamou avec son mari et ses enfants. Il se trouve que Kanigbè n’a pas pris le temps pour compter l’argent qu’elle a reçu de son amie.
Quelques jours plus tard, convaincue de la mise sous contrôle de la situation qui prévaut dans le pays, Dame Oumou est partie chez sa camarade pour récupérer son dû. Une fois sur place, l’argent trouvé était 320 millions, soit une diminution supposée de 200 millions comparativement à la somme précitée qui s’élève à 520 millions.
Ainsi, Kanigbe et sa famille ont été trimballées en justice pour abus de confiance. Interrogé sur le sujet, l’ancien préfet de Mamou, Mory Diallo pense que les accusés veulent profiter du fait qu’il n’est plus en fonction pour arnaquer sa femme.
« Ma femme a été victime d’abus de confiance. Parce qu’elle avait tellement confiance en cette femme, qu’elle appelait même sa grande sœur, parce qu’elles sont toutes Kaba et originaires de Kankan. Et maintenant, ils ont commencé par dire que c’est l’argent de L’Etat. Le fils de la dame est même allé dire au nouveau préfet de Mamou, que j’ai pris de l’argent à la préfecture. Ils ont en tête de profiter du fait que je ne suis plus en fonction pour me traîner dans la boue. Mais je reste serein et confiant en la justice”, a-t-il laissé entendre dans un entretien téléphonique avec notre desk.
Le mari de la femme accusée, Abdourahamane Fofana, avait aussi été arrêté, mais finalement relâché. Après environ 5 jours de séjour en prison, il nous fait le film de l’histoire.
« Le dimanche matin, la femme du préfet, a appelé ma femme en lui disant qu’elle est en route avec ses bagages pour venir chez nous. Elle lui a demandé ce qui se passe, elle a répondu que c’est un coup d’Etat qui est en cours. Le lendemain, le lundi, selon ce que ma femme m’a expliqué, elle a ouvert une valise qui contenait des piles d’argent. Elle les a rangés en 13 tas et lui a dit que ça fait en tout 520 millions. Après elle a encore rappelé ma femme, pour lui dire que son chauffeur arrive, de lui donner tous les bagages, mais pas l’argent, car elle ne faisait pas confiance en son chauffeur. Ce qui fut fait. Mon fils est venu leur aider à faire embarquer les bagages. Le lundi soir, j’ai reçu l’appel du préfet, il m’a dit beau, madame est allée confier de l’argent à votre femme. Mais selon elle, au lieu de 520 millions, ton fils lui a fait savoir que ce sont 320 millions. Directement, j’ai demandé des comptes à mon fils, il m’a dit qu’il y avait 16 piles de billets de 20.000 avec des attaches de la BCRG. Alors qu’il dit avoir demandé à sa mère si sa frangine ne s’est pas trompée. Je lui ai donné les explications de mon fils. Il m’a invité chez lui à Missira dans la commune urbaine de Kankan et à ma grande surprise, c’est la police qui est venue m’arrêter. Après quelques jours passés en prison, ils m’ont libéré après avoir demandé mes relevés bancaires » a-t-il indiqué.
À noter que jusque-là, la principale accusée est détenue à la maison centrale de Kankan avec un de ses fils. Abdourahmane est en train de se battre auprès des personnes ressources et des médias de la place pour essayer d’obtenir une mise en liberté provisoire pour sa famille avant l’ouverture de leur procès.
Reste à savoir comment une affaire qui a débuté dans la ville Carrefour s’est poursuivie jusqu’à Kankan.
Moussa Smith Kourouma