« Nous avons enregistré depuis 2011 à l’occasion des manifestations pacifiques de l’Opposition près de 250 morts. Comme l’a rappelé tout à l’heure Nadia, aucune enquête n’a été diligentée, aucun auteur de ces crimes n’a été identifié ou sanctionné.
Ces crimes récurrents et cette impunité qui les encourage ont été maintes fois dénoncés par les organisations de défense des droits de l’homme et par certaines institutions internationales, lesquelles ont demandé au gouvernement de mettre fin à ce cercle vicieux. Alpha Condé est resté sourd à tous ces appels parce qu’il pense que c’est
par cette voie qu’il peut protéger son pouvoir illégitime.
Alors que ces crimes restent impunis et même niés par les Autorités, le pouvoir s’acharne sur les militants de l’Opposition qui sont arrêtés, jugés et condamnés alors que le seul crime qu’ils ont commis c’est d’être opposés
à Alpha Condé et parfois d’avoir exercé un droit constitutionnel : celui de manifester dans les rues et sur les places publiques. Est-il utile de rappeler au gouvernement de Alpha Condé que manifester
est un droit constitutionnel et tuer un manifestant est un crime imprescriptible. Aujourd’hui, alors que les auteurs de ces 250 crimes répertoriés se promènent allègrement et jouissent pleinement de leur liberté, des centaines
de citoyens innocents et plusieurs cadres de l’UFDG, de l’ANAD et du FNDC, tout autant innocents, sont arrêtés et détenus dans les prisons du pays. C’est le cas de Chérif Bah, Ousmane Gaoual, Cellou Baldé, Aboulaye
Bah, Ismael Condé, Madic 100 frontières, l’imam El Hadj Abdoulaye Bah de l’UFDG, Etienne Soropogui de Nos Valeurs Communes, membre de l’ANAD, Fonikè Manguè et Souleymane Condé du FNDC. Ce que nous savons, c’est que ces cadres et militants qui sont des otages
politiques sont détenus dans des conditions qui dégradent leur santé physique et morale. Quatre d’entre eux sont déjà décédés faute de soins et deux autres, Chérif
Bah et Ousmane Gaoual sont hospitalisés depuis des mois et leur santé ne s’améliore pas. Nous savons tous que ces gens n’ont rien à se reprocher. Notre parti, du fait
de notre intransigeance sur la question de notre victoire usurpée à coup de meurtres, fait l’objet d’un acharnement et d’un chantage à multiples dimensions.
- L’engagement politique dans ce contexte de tyrannie requiert malheureusement énormément de sacrifices. Nous mettons notre vie en danger à chaque fois que nous nous opposons au despote. Tous les otages politiques ainsi que leurs familles en sont conscients. Ils sont restés dignes face à cette injustice et au traitement inhumain et dégradant qu’ils subissent. Nous leur devons respect et solidarité. Je lance un appel à tous ceux qui se
réclament de l’UFDG, à quelque échelon que ce soit, d’éviter toute insinuation, tout propos de nature à les frustrer. Nous devons tous, par nos attitudes, nos propos et nos prières, leur apporter notre soutien et rendre hommage à leur courage et à leur dignité. Le despote Alpha Condé, après son coup de force, est aujourd’hui semblable à un
animal blessé, acculé et cerné de toutes parts. Il est devenu infréquentable à l’international et n’a plus pour amis que les autres dictateurs du continent. En se
reniant sur le sujet du 3e mandat, il a piétiné son honneur et sa dignité. Ayant perdu lamentablement les élections, il n’a plus aucune légitimité aux yeux des guinéens. Alors il nous persécute en prenant en otages nos cadres, en empêchant le Président légitime du pays et ses collaborateurs de voyager librement, en fermant les locaux de notre parti sans aucun fondement, dans l’espoir vain de nous forcer à le légitimer comme président. Mais ce chantage ne passera jamais ! », prévient Cellou Dalein Diallo.
Oumar Sylla.
