La ville de Mamou est plongée dans une crise sans précédent d’essence depuis plusieurs jours maintenant. Une crise soulevant de vives inquiétudes chez les détenteurs d’engins roulants qui, comme à leur habitude, rallient les stations-service pour tenter de trouver l’or noir devenu très rare.
Rencontré devant une station-service, Thierno Ousmane Bah, conducteur de mototaxi, explique son calvaire. ‘’La situation est précaire. Personnellement, je n’ai pas encore eu de l’essence ça fait maintenant plusieurs jours. On nous a appris que bientôt nous en aurons. Mais à quand ? Les détenteurs d’engins roulants, surtout les motos-taxis souffrent, les autorités n’ont qu’à nous aider.
Quand vous venez à la station, c’est pas comme avant, c’est difficile d’avoir quelques litres surtout quand vous vous rencontrez avec des camions, des poids lourds. Et les vendeurs des marchés noirs aussi ont augmenté le prix. Le prix a augmenté au marché noir. Mais ce qui m’a beaucoup étonné dans ça, quelqu’un m’a dit hier nuit qu’il y a de l’essence dans les stations-service, mais que ce sont les pompistes qui refusent de pomper. Bon, pour le marché noir, actuellement, un litre, certains le revend à 25 mille, 35 mille et même plus. Nous souffrons énormément, l’État n’a qu’à nous aider maintenant’’, a-t-il exhorté.
Même son de cloche chez Souleymane Baldé, un autre conducteur de mototaxi. ‘’Moi, je dirais aux autorités de faire face à cette situation. Pour moi, c’est un acte de sabotage. À chaque fin d’année, presque c’est comme ça. L’année dernière encore, nous avons souffert de cette situation et les conséquences qu’elle en a engendrée. En Guinée, certains s’enrichissent sur le dos des autres, croyant être les plus bénis sur terre. C’est pourquoi, nous invitons tout le monde de faire preuve de responsabilité, de patriotisme à tous les niveaux.
Aujourd’hui, c’est toute la Guinée qui traverse ce sale temps. Dès qu’il y a pénurie d’essence à la station, les gens se précipitent pour revendre leur stock sur le marché noir à des prix exorbitants. Je me demande si les pompistes ne travaillent pas en fonction des relations qu’ils ont avec certains conducteurs et même chez le revendeur du marché noir. Puisque parfois, quand tu viens, ils te disent d’attendre que tu seras servi, tu vas t’arrêter là-bas jusqu’à te fatiguer, si tu es pressé, tu seras obligé d’aller acheter au marché noir. Là-bas aussi, c’est 25 mille ou 30 mille et même plus. Vous voyez ? C’est pas facile. Donc, ils n’ont qu’à tout faire pour aider les motards, sinon, c’est toute la population qui va en payer les prix’’, a-t-il interpellé.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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