Pour le renforcement, la consolidation de la paix et la quiétude sociale en République de Guinée pendant cette période très sensible, le président de la Haute autorité de communication (HAC) a entamé une immersion à l’intérieur du pays. Une démarche qui vise à discuter avec les hommes de médias autour de la responsabilité du journaliste en cette période transitoire.

Ce samedi 21 décembre 2024, après la ville de Mamou, Boubacar Yacine Diallo, accompagné de deux commissaires de la HAC, a échangé avec les hommes de médias. C’est la salle de conférence de la radio rurale de Kankan qui a abrité ce partage d’idées.
Au cours de cette rencontre qui a duré plusieurs heures, des points essentiels ont été abordés pour la bonne pratique du journalisme notamment: l’éthique et la déontologie du métier, mais aussi, les implantations illégales des radios dans la zones. Boubacar Yacine Diallo est revenu sur le message véhiculé au sortir de la salle.

‘’Le message que j’ai transmis, c’est celui de la paix, la nécessité de maintenir la paix dans la région. Les journalistes peuvent être de bons vecteurs de paix. Une information peut arranger tout comme elle peut détruire. Et toutes les informations susceptibles de détruire l’unité des communautés, à troubler l’ordre public, ne doivent pas être diffusées, c’est de la responsabilité des journalistes de faire de l’autocensure. Et nous leur avons dit également que la loi leur permet d’exercer en toute indépendance, en toute liberté. Mais en même temps, la loi et le bon usage de la profession exige d’eux, beaucoup de responsabilités, dès lors qu’ils ont pris la décision d’informer l’opinion. L’information qui doit être véhiculée, doit être exacte. Et ils doivent recouper les informations qu’il collecte et ils doivent faire attention à leur diffusion.
J’étais agréablement surpris du nombre de journalistes qu’il y a à Kankan, du nombre de médias qu’il y a à Kankan. Et j’ai été heureux de constater que la presse est bien organisée, de manière à ce que les dérapages soient évités, de manière à ce que les infractions soient évitées. Et c’est une bonne chose, nous les encourageons’’, a-t-il laissé entendre.
Quant à la floraison et l’implantation illégale des radios, évoquée au cours des débats, la réponse du patron de la HAC a été catégorique.
‘’Nous allons envoyer très rapidement une mission de contrôle, puisque nous avons les documents des radios autorisées. Et partout, où des relais travaillent comme des radios entières, nous les fermerons. Sans hésitation, parce que nous n’admettrons pas qu’il y ait une concurrence déloyale entre une radio régulièrement établie, qui paye des redevances à l’Etat et un relai qui doit être circonscrit dans le fait de relayer les informations venant de la radio mère. Un relai n’a pas le droit de produire et si c’est le cas, nous les fermerons’’, a affirmé Boubacar Yacine Diallo.
Pour terminer, le président de HAC a mis l’occasion à profit pour élucider les différentes formes de saisine en cas d’infraction. ‘’Il y a deux formes de saisine pour la Haute Autorité de la communication. La première forme, telle que la loi le prévoit, lorsque quelqu’un se sent léser, il doit être en mesure de porter plainte personnellement. Qu’il soit simple citoyen, qu’il soit ministre ou qu’il soit député, tant qu’il ne porte pas plainte, la Haute Autorité de la communication tout comme la justice d’ailleurs, ne se saisissent pas. Ça, c’est la première forme de saisine. Et la deuxième forme de saisine, c’est une autre saisine. C’est-à-dire, que lorsqu’un organe a diffusé des informations susceptibles par exemple de troubler l’ordre public ou qui porte atteinte aux mœurs, la Haute Autorité de la communication à travers ces commissions spécialisées va se saisir, examiner la cause et soit attirer l’attention des journalistes sur les manquements, ce que nous avons fait le plus régulièrement, ou parfois, comme la loi le prévoit, sanctionnée. C’est la loi qui prévoit comme sanction. Mais depuis que notre équipe a été installée, nous avons surtout privilégié le dialogue’’, a-t-il précisé.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
