Dans l’histoire politique tumultueuse de la Guinée, certaines périodes s’inscrivent comme des chapitres particulièrement sombres. La nomination de Bah Oury au poste de Premier ministre marque indéniablement l’une de ces pages noires, où les espoirs de changement se sont rapidement transformés en un cauchemar démocratique.
Quelle amère ironie de voir un ancien défenseur des droits humains, jadis figure de proue de l’OGDH, devenir l’architecte d’un système répressif! La métamorphose de Bah Oury, de militant des droits de l’homme en fossoyeur des libertés fondamentales, illustre parfaitement l’adage selon lequel le pouvoir révèle la véritable nature des hommes.
En quelques mois à peine, le Premier ministre a orchestré une série de mesures liberticides qui ont systématiquement démantelé les fondements démocratiques du pays. La fermeture des principaux médias du pays n’est pas qu’une simple décision administrative; c’est une tentative délibérée de plonger la nation dans l’obscurité informationnelle. Cette stratégie, digne des régimes les plus autoritaires, vise à contrôler la narrative nationale et à étouffer toute voix dissidente.
Les kidnappings et exécutions extra judiciaires rappellent les heures les plus sombres des dictatures. Cette violence institutionnalisée témoigne d’un mépris total pour l’État de droit et les droits humains fondamentaux; précisément ceux que Bah Oury prétendait autrefois défendre. L’enterrement du dialogue politique révèle une stratégie claire : maintenir le pays dans une impasse politique pour servir des intérêts personnels et ceux d’une clique au pouvoir. Cette approche nie les principes fondamentaux de la démocratie participative.
Le soutien à la violation de la Charte de Transition et l’encouragement au parjure de Mamadi Doumbouya constituent une trahison institutionnelle majeure. Cette démarche risque de plonger le pays dans une crise plus profonde que celle de 2009, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la stabilité nationale. Plus cynique encore, le détournement des fonds publics pour financer les mouvements de soutien au Général Mamadi Doumbouya représente une forme particulièrement perverse de corruption. Ces ressources, qui devraient servir au développement du pays, sont détournées pour maintenir un système clientéliste et répressif.
Cette gestion catastrophique ne se limite pas à ses effets immédiats. Elle compromet durablement la confiance du peuple dans ses institutions, la crédibilité internationale de la Guinée, les perspectives de développement économique, ainsi que la cohésion sociale et la stabilité nationale.
Le bilan de Bah Oury à la primature restera comme un exemple édifiant de trahison des idéaux démocratiques. Son passage au pouvoir illustre parfaitement comment les ambitions personnelles peuvent conduire à la négation même des principes qu’on prétendait défendre. La Guinée mérite mieux que cette gouvernance autoritaire qui rappelle les heures les plus sombres de son histoire.
L’urgence est désormais de restaurer les principes démocratiques et l’État de droit, seuls garants d’une stabilité durable pour la nation. Le peuple guinéen, qui a tant souffert de ces dérives, ne peut se permettre de rester spectateur de sa propre tragédie.
Ne dit on pas que:
« Le pouvoir, c’est comme un feu. Il peut éclairer, mais il peut aussi brûler. » Proverbe africain
Abdoul Karim Diallo, Citoyen Guinéen
