Programmée pour ce mercredi 6 novembre 2024, le opposant le ministère public représentant de l’Etat Guinéen, au Dr. Ibrahima Kassory Fofana, dans l’affaire de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, a repris ce jour à la cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
A cette audience, le prévenu ne s’est pas encore présenté à la cour sous prétexte que son état de santé ne le lui permet pas, selon ses avocats. Pour justifier l’absence de son client, Me Sidiki BERETE a pris la parole, sous l’ordre du président de la cour même s’il ne devait pas.
La défense a déposé un courrier au parquet, dans le quel courrier, elle dénonce l’état de santé de son client et demande le sursis à statuer.
L’avocat invoque l’article 484 du code de procédure pénale en son premier paragraphe qui stipule que si le prévenu n’est pas en mesure de comparaitre devant un tribunal, pour des raisons graves, le parquet peut différer ou détacher un magistrat au lieu du prévenu.
Se basant sur cet argument, l’avocat demande au président de la cour d’analyser le courrier et de procéder au sursis à statuer.
Le parquet ne semble pas être surpris de cette demande de la défense. Le procureur spécial Aly Touré a rappelé que les conseils de Kassory reviennent toujours sur la même chose. Le procureur est convaincu que le prévenu refuse de comparaitre, sinon il est lucide, argue-t-il.
Après plus d’un an d’internat dans un établissement médical, aucun rapport médical n’a été présenté au président de la cour. Aly Touré n’est pas contre l’application de l’article 484, mais, sauf que selon lui, dans ce cas précis, l’accusé Kassory Fofana est sur le chemin d’un refus catégorique.
Par conséquent, il demande à la cour de rejeter cette demande de sursis à statuer sollicitée par la défense et de procéder aux plaidoiries, réquisitions et au délibéré.
Selon le procureur spécial, la demande de la défense est de nature à défier la justice guinéenne. ‘’C’est des demandes fantaisistes’’, estime Aly Toué.
La partie civile, de son côté, déplore cette demande de la défense. Elle aurait compris que les avocats de Dr Ibrahima Kassory Fofana demande une évacuation pour son traitement, mais un sursis à statuer, c’est de trop. La partie civile, représentant de l’Etat guinéen dans cette affaire, a aussi demandé que la demande de la défense soit rejetée.
Il revient maintenant au président de la cour Daouda Conté, de décider s’il faut oui ou non accéder à la demande de sursis à statuer.
À l’heure où nous mettons cet article en ligne, l’audience est suspendue pour 15 minutes. Le président et ses assesseurs sont en concertation pour qu’une décision finale soit prise.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
