On entend souvent parler de » SDF », sans domicile fixe, pour désigner des personnes qui, n’ayant pas un toit, errent dans la nature à la recherche hypothétique d’un abri même de fortune, la plupart du temps, n’ayant pas d’autre choix que de dormir à la belle étoile, en s’exposant à toutes les intempéries, au péril de leurs vies. Ces déshérités dans le monde n’ont pas choisi leur condition ni souhaité subir la précarité dans toute sa rigueur: un revers de fortune comme il y en a beaucoup, ici bas.
En Guinée, dans l’espace public saturé par une faune d’ovnis, depuis des années, on voit des politiques qui mènent aussi la vie peu enviable de « SDF », sans cesse lancés à la recherche d’un hébergeur généreux ou d’un tuteur naïf, pour combler des besoins pressents comme assurer le gîte et le couvert. Ces politiques, trop nécessiteux pour se permettre d’être honnêtes tapent à toutes les portes et vivent dans toutes les poches, en faisant de l’entrisme et en se spécialisant dans le racolage et la débauche politique. Ils ont acquis leurs lettres de noblesses dans l’art de mentir, tromper, tricher, rançonner. Ils ne sont d’aucune obédience, ni bord, se contentent de prêcher pour leur propre chapelle, de sémer leur graine à chaque nouvelle saison. Pourquoi, se limiter à prendre d’un seul côté quand on peut être servi par tous, quand on a pris l’habitude de manger à tous les râteliers? N’est-ce pas un marché aux enchères où le plus offrant du moment devient l’élu du cœur ? Chacun doit rapporter quelque chose dans la cagnotte et personne ne doit s’attendre à de la reconnaissance parce que l’on se nourrit de duperie et de la migration, au quotidien. Il n’y a pas de sot métier comme l’argent n’a pas d’odeur ni n’a fait prêter serment de loyauté à quiconque. Seulement, on commence à tirer un peu trop sur la corde et à lasser l’opinion et les acteurs par les nombreux retournements de veste et les parjures répétés. Il y a un risque de ne plus pouvoir embarquer personne, plus grave encore, de devenir un boulet que personne ne voudra plus traîner. Trop, c’est trop ! Il ne doit plus y avoir l’indulgence ni la complaisance qui profitent aux canailles politiques.
Tout le monde sait maintenant que dans le lanterneau politique guinéen, les politiques sans repères ni perspectives, sans position claire et fixe, aux convictions variables, adaptables à toutes les situations, amis et partenaires de tous les régimes, salariés et corruptibles, sont plus nombreux que les acteurs qui s’assument et restent concentrés sur la lutte pour la conquête démocratique du pouvoir qui passe par l’engagement en faveur de l’éthique politique, de la morale publique, bref de la démocratie et de l’Etat de Droit, très exigeants.
Ceux qui ne pensent pas aux élections , ne sont pas venus à la politique par vocation ou parce qu’ils seraient animés d’un idéal font le plus de bruit dans la cité et font le plus de mal à la société et à eux-mêmes, car ils ne trompent plus personne, abusent moins encore de l’opinion plus avertie que par le passé, même s’ils se croient capables encore de nuire, d’appâter et d’avoir encore de quoi se mettre sous leur dent, inutilement, longue. Ces politicards de tous les âges et de différents profils et horizons qui tentent, désespérément, de se mesurer à plus forts et dignes qu’eux, à savoir, les politiques légitimes et acteurs historiques du pays, prêchent dans le désert, avec leurs langues fourchues. Grâce à eux, on voit plus clair dans le jeu politique qu’ils ne pourront plus troubler ni polluer. Grâce à leurs prises de position intéressées et foncièrement mercantilistes, on arrive à lire plus aisément les intentions dissimulées des dirigeants dont ils sont la caisse de résonance, par excellence. Un petit mal pour un grand bien, leur attitude cavalière. On ne le répétera jamais assez « mieux vaut être seul que mal accompagné ».
Que les leaders authentiques et respectables arrêtent de se faire mal accompagner et entourer par des menus fretins qui ne sont pas à leur hauteur ni de leur taille.
Le reste viendra, tout seul avec le meilleur, bien sûr, le pire étant éloigné et exorcisé, une fois pour toutes.
Thierno Hassan Sakho, lerevelateur224.com.
