Suite au décès en détention de Dr. Mohamed Dioubaté, pédiatre de 48 ans, arrêté après avoir brûlé une effigie du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, le Parquet général près la Cour d’Appel de Kankan a pris la parole ce vendredi 4 octobre 2024, après la sortie de l’ordre national des médecins de Guinée.
Le décès de Dr. Dioubaté, survenu à l’hôpital régional de Kankan, est au centre d’une vive polémique, exacerbée par des déclarations du préfet de Kankan, Kandia Mara lors de l’inauguration d’une statue du président à Kankan le 2 octobre dernier.
En marge de cette célébration, le préfet a tenu des propos à la fois incongrus et inquiétants, avertissant que « toute personne qui tenterait brûler cette statue partira comme l’autre », faisant ainsi référence à Dr. Dioubaté. Des propos condamnés par plusieurs personnes.
Alors que le tollé ne s’estompe pas, le Parquet général près la cour d’appel de Kankan a brisé le silence en ces termes : ‘’Le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kankan a appris, par voie de presse, les déclarations faites par Monsieur le Préfet de Kankan, lors de la cérémonie d’inauguration de la Statue de Monsieur le Président de la République à Kankan. À ce propos, le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kankan informe l’opinion publique nationale et internationale que suivant l’expertise médico-légale d’un corps N°0028/IRSK/HRK/2024 en date du 27 septembre 2024, délivrée par la Direction générale de l’Hôpital Régional de Kankan, les circonstances liées au décès de feu Dr Mohamed Dioubaté, paix à son âme, médecin âgé de 48 ans, sont à rattacher à un cas idiopathique’’.
Le Parquet précise également que la restitution du corps à la famille a été effectuée le jour même du décès, conformément à la demande formulée par celle-ci.
‘’C’est pourquoi, suite à la demande de restitution du corps formulée par la famille du défunt, le même jour, Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan a délivré la réquisition aux fins de restitution et d’inhumation N°854/PR/TPI/KK/2024 du 27 septembre 2024’’.
Selon le parquet, l’état de santé du médecin s’était détérioré lors de sa détention, nécessitant des interventions judiciaires et médicales successives. ‘’Il est à préciser par ailleurs que l’état de santé du défunt, lors de sa détention, a conduit Monsieur le Juge d’Instruction en charge du dossier à délivrer successivement ordonnance N°283/ORD/CAB/JI/TPI/KK/2024 en date du 17 septembre 2024, d’expertise psychiatrique ainsi que l’ordonnance N°295/ORD/CAB/JI/TPI/KK/2024 en date du 26 septembre 2024, portant suivi et traitement médical’’. Malgré ces précautions, Dr. Dioubaté a rendu l’âme à l’hôpital régional de Kankan. Un décès que le Parquet attribue donc à des causes médicales sans rapport avec les conditions de détention ou les actions des autorités.
‘’C’est le lieu de déplorer les propos tenus par Monsieur le Préfet de Kankan, relayés sur les réseaux sociaux et qui sont de nature à troubler l’ordre public. Le Parquet Général invite en conséquence les autorités administratives à tous les niveaux de son ressort de s’abstenir de tenir tout propos, discours et autres moyens de communication, de nature à créer la confusion au sein de l’opinion publique nationale et internationale en cette période cruciale de la conduite de la transition’’, a déploré le parquet Général.


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