Sept mois après l’incendie dévastateur du dépôt central d’hydrocarbures de Conakry, les sinistrés, bien qu’ils aient entamé la reconstruction de leurs maisons, continuent toujours de tirer le diable par la queue, surtout pendant cette période de fortes pluies.
Ces sinistrés accusent l’État de mauvaise gestion des fonds alloués. Ils rejettent également la procédure d’indemnisation initiée par le gouvernement, qui a versé un montant de 7 500 000 GNF à quelques sinistrés. Mamoudou Cifo Kê Touré, porte-parole de ces personnes presque sans abri, avoue que les conditions de vie sont difficiles, voire même très pénibles.
‘’J’avoue que les conditions sont très pénibles. Mais les gens se battent au quotidien depuis que l’explosion a eu lieu pour colmater, pour assurer les réparations dans leur concession. Cela se fait régulièrement et quotidiennement. Donc, c’est vrai que par endroits, les gens n’ont pas fini, mais aujourd’hui, on remercie Dieu, après deux mois de travaux, nous pouvons dire que beaucoup de familles sont à l’abri de la pluie grâce à nos maigres moyens’’, dit-il.
Poursuivant, il a également souligné que récemment, l’État a procédé à la remise d’un montant de 7 500 000 de francs guinéens à quelques sinistrés. Une chose que déplore Mamadou Cifo Kê Touré.
‘’Ces derniers temps, ils ont commencé à donner 7 500 000 GNF par locataire. Ce qu’ils considèrent comme des actes posés. Mais au niveau du comité des sinistrés, nous pensons que le dédommagement doit se faire conformément à la loi, parce que la loi dit que l’indemnisation doit se fait par voie de paiement financier naturellement, mais au prorata du préjudice subi. C’est-à-dire, qu’on ne peut pas donner 7 500 000 à un jeune célibataire, et le même montant à une femme qui a deux enfants, les charges ne sont pas les mêmes. Les dommages ne sont pas les mêmes, parce qu’on ne peut pas dire que les dommages subis dans la concession de monsieur X sont les mêmes chez monsieur Y. Ces actes, nous pensons que c’est un début quand même, mais ces actes posés devraient être discutés, devraient obéir à une certaine façon de faire, c’est-à-dire, doivent obéir à la loi, doivent obéir à une certaine éthique pour que ces actes-là soient des actes durables et bénéfiques pour tout le monde, et pour l’État, et pour les sinistrés’’, estime-t-il.
Plus loin, il déplore le manque de concertation de la part des autorités dans cette affaire.
‘’Malheureusement, il n’y a pas eu de concertation à l’avance, comme au début, il n’y a jamais eu de concertation. Nous ne voyons que des actes qui nous surprennent. Quant aux concessionnaires, nous restons encore sur nos gardes, pensant qu’on ne constate pas d’évolution’’, a-t-il déploré.
Par ailleurs, les victimes de l’incendie du dépôt central de Kaloum ne comptent pas changer d’endroit pour quelques raisons que ce soient et attendent d’être indemnisées.
‘’Heureusement que nous sommes encore chez nous, c’est la grande fierté que nous avons en cette période hivernale. Chose que nous ne voulons pas changer pour un autre endroit, pour le moment. Et nous attendons d’être indemnisés, et nous attendons encore qu’il y ait la restitution des dons’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
