La première session des audiences criminelles au compte de l’année 2024 s’est terminée ce vendredi 5 juillet, au tribunal de première instance de Kissidougou. Il aura fallu 6 séances au tribunal criminel, pour juger les 15 affaires inscrites au rôle. Finalement, 13 seront totalement épuisées, tandis que pour les 2 autres, le tribunal s’est déclaré incompétent pour une et a renvoyé l’autre en octobre prochain.
Au terme de cette session au cours de laquelle de lourdes peines ont été prononcées, le substitut du procureur près le tribunal de première instance de Kissidougou, Pierre Kolié, représentant du ministère public dans ces audiences, a échangé avec les journalistes de la place, pour faire la lumière sur les conséquences de ces procès dans la cité. Dans un premier temps, il a mis l’accent sur l’impact possible des décisions sur la société.
‘’Laissez-moi vous dire d’abord que depuis que le code de procédure a été révisé offrant la compétence aux tribunaux de première instance de juger les crimes, automatiquement, il s’est établi la proximité de la justice aux justiciables. Cet état de fait a du coup permis le traitement diligent des dossiers. Pour preuve, la plupart des affaires épuisées pendant ces assises s’étaient produites à partir de janvier 2024. Donc, au bout de 6 mois, les accusés sont situés sur leurs sorts.
Autre conséquence de ces procès, c’est la confiance des justiciables à la justice. A ce niveau, la preuve est que les justices privées ou les justices populaires ont drastiquement baissé dans la cité. Personnellement, j’étais surpris par l’engouement que ces procès ont suscité chez les citoyens. Les populations étaient grandement mobilisées du début à la fin’’, a-t-il soutenu.
Parlant des nombreux cas de viols traités dans ces procès, le procureur a regretté les désistements des parents des mineures victimes d’actes de viols, un comportement qui, selon lui, n’arrange pas la justice.
‘’Au cours de ces audiences, nous avons constaté une série de désistements des parents des victimes dans les dossiers de viols. Je dirai que de tels comportements donnent un goût amer au travail de la justice. Ces familles se désistent souvent à cause des considérations sociales. En agissant ainsi, ces familles exposent la justice, c’est-à-dire, c’est comme si c’était la justice qui était le méchant, alors que le méchant ce sont des prédateurs sexuels. Sans oublier aussi le fait que les filles victimes de viols sont stigmatisées parfois à vie dans nos sociétés. Donc, ensemble, nous devons adopter ‘tolérance zéro’ face à la recrudescence des cas de viols’’, a-t-il regretté.
À noter qu’en l’absence du procureur Mohamed Bama Camara, empêché depuis la première journée des procès, c’est son substitut pierre Kolié qui a valablement représenté le parquet au cours de ces audiences criminelles.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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