La tisanerie est l’une des activités dont l’avenir est presque compromis en Guinée, à cause de nombreuses crises que traverse ce secteur jadis très en vogue. Rencontrés ce dimanche à leur place juste derrière le grand marché Avaria de Mamou, ces artisans interpellent l’État à leut venir en aide.
Dans la ville carrefour, ils sont peu nombreux ceux qui s’adonnent à la pratique de ce métier par manque d’un meilleur atelier de travail, d’un meilleur emplacement, la rareté de certains outils de travail ou leur cherté, le manque de clientèle. A cela, viennent s’ajouter les intempéries de la nature qui les frappent de plein fouet.
‘’Actuellement, les difficultés auxquelles nous sommes confrontées sont nombreuses et variées. Pendant cette période hivernale, comme vous pouvez le constater de vous même, notre lieux de travail est complètement délabré. Quand il commence à pleuvoir, nous sommes obligés de ramasser nos outils de travail, nos bagages, ainsi de suite, pour aller rester quelque part jusqu’à ce que la pluie cesse. Et durant ce temps, nous perdons assez de temps pour tisser.
Vous voyez les tôles, chaque fois quand il commence à pleuvoir, le vent l’arrache. Notre calvaire ici, je ne peux même pas tout dire. Ensuite, c’est l’obtention des fils. Depuis le début de cette crise, l’obtention des fils devient de plus en plus difficile pour nous. La clientèle se fait rare, les tissus que nous confectionnons ici, les gens ne les achètent pas tellement. Mais surtout cette saison des pluies, vraiment, nous avons beaucoup de problèmes’’, a déploré Ismaël Diallo, avant d’interpeller l’État à leur venir en aide.
‘’Je demande aux autorités à tous les niveaux de nous aider, d’aider les tisserands de Mamou, pour que nous puissions avoir un bon atelier de travail, pour être à l’abri de ces intempéries, afin d’écouler nos marchandises et que la population de Mamou, de la Guinée et de l’Afrique, s’intéressent à l’achat de nos tissus.
Quand vous venez aujourd’hui dans la préfecture de Mamou, nous les tisserands sommes pitoyables. C’est par amour que nous exerçons ce métier, sinon, personne ne parlera maintenant de cette activité à Mamou, puisque la souffrance est là, je jure’’, a-t-il interpellé.
Il faut souligner que c’est derrière le marché avaria, que presque l’unique atelier de la tisanerie existe de nos jours dans la préfecture de Mamou, selon plusieurs témoignages recueillis auprès des tisserands.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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