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Guinée: Une Jeunesse meurtrie en attente de justice et de soins (Rapport Amnesty international)

15 mai 2024
Guinée: Une Jeunesse meurtrie en attente de justice et de soins (Rapport Amnesty international)

Depuis 2019, les autorités guinéennes n’ont cessé de violer les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression en exerçant une répression brutale qui a fait plus d’une centaine de morts et des centaines de blessés graves, dont des enfants.

Dans notre nouveau rapport nous exposons les obstacles auxquels sont confrontées les jeunes guinéen⸱nes pour obtenir justice et des soins de santé. L’impunité doit cesser !

En quatre ans, au moins 113 personnes ont été tuées et des centaines gravement blessées lors de manifestations par des individus identifiés comme étant des membres des forces de défense et de sécurité.

Notre nouveau rapport intitulé « Une jeunesse meurtrie : Urgence de soins et de justice pour les victimes d’usage illégal de la force en Guinée » met en évidence les obstacles persistants aux soins de santé et à la justice rencontrés par les victimes d’usage illégal de la force par les forces de défense et de sécurité dans le contexte des manifestations contre la modification de la Constitution sous la présidence d’Alpha Condé, et depuis l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CRND) en septembre 2021.

« Malgré les promesses du CRND de s’attaquer à la problématique de l’usage excessif de la force sous Alpha Condé, y compris dans les cas d’homicides illégaux, cette situation extrêmement grave persiste, dans un contexte général de répression des voix dissidentes », a déclaré Samira Daoud, notre directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.

Contexte des manifestations depuis 2019

Depuis les grandes manifestations en 2019 contre la volonté du président Alpha Condé de changer la Constitution pour lui permettre d’effectuer un troisième mandat, les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont été particulièrement restreints par les différentes autorités. Entre 2019 et 2021, les manifestations ont été quasiment systématiquement interdites.

Après le coup d’État du 5 septembre 2021, le régime de transition mis en place par les militaires du CNRD a décrété en mai 2022 l’interdiction de « toutes manifestations sur la voie publique de nature à compromettre la quiétude sociale et l’exécution correcte des activités contenues dans le chronogramme, (…) pour l’instant jusqu’aux périodes de campagnes électorales ». L’accès à Internet et en particulier aux réseaux sociaux a été régulièrement coupé ou perturbé, le signal des radios les plus écoutées brouillé ou interrompu, l’accès à des sites d’informations empêché, et des médias télévisés ont été retirés de plateformes de diffusion.

Malgré cet environnement hostile aux libertés, de nombreuses personnes ont bravé les interdictions pour manifester leur mécontentement s’agissant de la situation politique et du respect des droits humains, dont les droits économiques et sociaux.

« Tous mes rêves sont brisés »

Parmi les personnes tuées ces quatre dernières années, 47 l’ont été après l’arrivée du CNRD au pouvoir en 2021. Selon nos données, plus de 75% avaient moins de 25 ans, et 40% étaient des mineurs de moins de 18 ans.

Une grande proportion des personnes blessées interrogées sont également des enfants et des jeunes. Parmi eux, Elhadj Bailo Diallo, 20 ans aujourd’hui et 16 ans au moment des faits, a été touché par une cartouche de gaz lacrymogène tirée par des personnes qu’il a identifiées comme étant des membres des forces de défense et de sécurité, et a perdu la vue de son œil droit.

Je jouais au foot avec mes amis dans le quartier. À chaque fois qu’il y a des manifestations, les forces de défense et de sécurité font toujours des descentes musclées dans notre quartier. Dès qu’ils sont arrivés ils ont tiré des gaz lacrymogènes et l’un m’a atteint au visage au niveau de l’œil droit. Je suis tombé, le visage ensanglanté et je ne voyais plus rien. Depuis cette blessure, j’ai dû arrêter l’école. Et par manque de moyen, j’ai aussi dû arrêter les soins. Elhadj Bailo Diallo.

 

Thierno Madiou Diallo, également âgé de 16 ans au moment de faits, a été blessé par balle et a dû subir une amputation de la jambe. La plus jeune parmi les blessés était une fillette de neuf ans, touchée à son domicile par une balle perdue.

Tout le monde était en train de fuir. Moi je me suis retrouvé par terre et c’est là que j’ai su que j’avais reçu une balle au niveau du pied (…) Il y a eu des retards dans la prise en charge ce qui a causé des infections et a conduit à l’amputation de ma jambe. Tous mes rêves sont brisés. Thierno Madiou Diallo

 

Le traumatisme psychologique pour ceux qui ont été blessés a obligé bon nombre d’entre eux à abandonner l’école et les a rendus inaptes au travail, comme Souleymane Diallo, qui a été blessé par balle en 2024.

Les victimes empêchées d’accéder à des soins de santé adéquats

Le rapport démontre que les victimes de blessures graves infligées par les forces de défense et de sécurité lors des manifestations ont reçu des soins médicaux tardifs, après que ces dernières ont empêché ou retardé l’évacuation médicale, en violation du droit guinéen et international.

Selon les témoignages que nous avons recueillis, les forces de l’ordre ont délibérément laissé sur place des victimes grièvement blessées au lieu de leur porter assistance. Des victimes ont également été arrêtées et détenues sans soins médicaux, parfois pendant plusieurs jours.

Mamadou Sadjo Baldé a été grièvement blessé lors d’une manifestation après avoir été heurté par un véhicule conduit par des personnes qu’il a identifiées comme étant des membres des forces de défense et de sécurité. « Après m’avoir heurté, ils sont descendus du véhicule, m’ont donné deux coups de pied, puis sont remontés dans le véhicule et sont partis », raconte Mamadou.

Selon plusieurs témoignages, certains membres du personnel médical des centres de santé publics et privés ont refusé de traiter les personnes blessées par crainte de représailles des autorités, qui ont constamment cherché à minimiser la répression.

Enfin, alors que les autorités doivent garantir le principe de l’accessibilité afin de protéger le droit à la santé, et en l’absence de toute indemnisation pour les personnes blessées, de nombreuses personnes issues de milieux modestes n’avaient pas les moyens de se payer des soins de santé adéquats, avec des conséquences souvent dramatiques. Parmi elles, Alpha Oumar Diallo, devenu paraplégique après avoir été blessé par balle lors d’une manifestation en 2019, est décédé en septembre 2023, n’ayant pas pu payer pour des soins adéquats.

Carte montrant la répartition géographique des cas présumés d’homicides illégaux lors de manifestations à Conakry à la date du 22 avril 2024.

Le règne de l’impunité

Depuis 2019, il y a eu peu de condamnations de membres des forces de défense et de sécurité pour usage illégal de la force. Plusieurs procédures judiciaires ont été annoncées ou effectivement engagées par le CNRD, mais peu d’informations publiques sont disponibles sur leur évolution. Elles concernent principalement des cas d’homicides illégaux. Ceux qui ont survécu sont généralement privés d’accès à la justice et à la réparation.

Les blessés et les familles des victimes ont très majoritairement renoncé à déposer des plaintes, en raison de leur manque de confiance dans le système judiciaire, de la crainte de représailles ou du manque de moyens financiers.

À ce jour, les rassemblements sont toujours illégalement interdits, les forces de défense et de sécurité continuent d’être déployées avec des armes létales, et des morts et des blessés résultant d’usage illégal de la force continuent d’être recensés par des organisations de la société civile et les médias.

La Guinée condamnée par la Cour de justice de la CEDEAO

Dans un arrêt rendu le 31 octobre 2023, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a jugé que l’État guinéen a « violé le droit des requérants à l’information et à la liberté d’expression ».

La Cour a également « enjoint » à la Guinée de « prendre toutes les mesures pour garantir que cette situation ne se reproduira pas à l’avenir », et « d’adopter et de mettre en œuvre des lois, règlements et garanties afin de s’acquitter de ses obligations en matière de droit à la liberté d’expression, en vertu des droits internationaux des droits de l’homme ».

L’Ablogui, l’Association villageoise, la Ligue guinéenne des droits de l’homme et le Centre africain de formation et d’information sur les droits humains et l’environnement avaient déposé une requête contre l’État de Guinée devant la Cour le 22 juillet 2021 pour dénoncer les restrictions d’accès à internet et/ou à des réseaux sociaux à plusieurs reprises entre mars et décembre 2020.

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