Ces derniers temps, la population guinéenne notamment celle de la capitale Conakry est confrontée à une crise d’électricité qui ne dit pas son nom. Le courant électrique qui n’était plus un luxe dans un passé récent dans la capitale, est devenu de plus en plus rare. Les citoyens sont aujourd’hui obligés d’attendre jusqu’à 18h pour voir la lumière dans leurs foyers respectifs. Toute chose qui occasionne parfois des émeutes dans certains quartiers de la ville.
Pour juguler ce délestage, un spécialiste du domaine a fait une proposition de solution ce lundi 18 mars 2024. Moussa Koulibaly qui s’est exprimé sur cette crise d’électricité chez nos confrères d’Espace FM, a fait savoir que la Guinée fait face actuellement à un déficit de production d’électricité dû à la baisse du niveau de l’eau dans les différents barrages hydroélectriques.
L’invité des GG a indiqué que pour alimenter le système interconnecté de la Guinée, la société EDG a besoin d’environ 650 mégawatts. Or, dit-il, actuellement, il y a une perte de production de 150 à 200 mégawatts. Pour combler ce gap, il propose de trouver une source supplémentaire soit en construisant une centrale thermique ou en faisant venir un bateau électrique.
‘’Aujourd’hui, pour alimenter le système interconnecté de Guinée, on a besoin d’environ 650 mégawatts de puissance pour couvrir la pointe, c’est-à-dire, le moment de consommation maximum qui se situe normalement entre 19h et 21h. Donc, si on fait la somme des puissances disponibles, on a à peine 140 mégawatts. Et quand nous arrêtons Souapiti le matin, on a une perte de production d’environ 150 à 200 mégawatts. Donc, il y a un gap, ce gap là on a deux solutions aujourd’hui pour combler ce gap. Soit on trouve une source de production supplémentaire qui pourrait s’ajouter à la production actuelle qui pourrait être le bateau ou une nouvelle centrale. Mais pour cela, il faut au minimum une année pour commencer les travaux et finir les installations. Et à défaut de cette solution, nous avons un système CNLG. La ligne CNLG prend sa source à partir de Mant en Côte d’Ivoire, il alimente N’Zérékoré. A N’Zérékoré, l’électricité vient exclusivement de la Côte d’Ivoire, ça n’a rien à voir avec nous, c’est l’électricité importée, nous payons avec la CIE. La ligne vient, elle traverse le Liberia, la Sierra Leone, ensuite, elle vient à Linsan. Donc, s’il y a une possibilité aujourd’hui avec la CIE, on peut importer des énergies électriques entre 08h et 18h au moment où on est en déficit. C’est une possibilité qu’on a, importer l’électricité de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire exporte plus de 11% de son électricité notamment au Mali, au Burkina Faso, au Ghana, en Sierra Leone… Elle est pourvoyeur de l’électricité ou à défaut, on peut voir la ligne OMVG. A partir du Mali, elle rentre à Kidougou au Sénégal et elle va à Tambacounda. On peut voir nos homologues sénégalais pour leur demander s’il y a une ligne additionnelle ou on peut avoir l’électricité pour combler notre déficit. Donc, c’est les options aujourd’hui qu’on peut avoir pour combler le gap d’électricité en Guinée’’, a-t-il proposé.
Parmi toutes ces propositions, Moussa Koulibaly estime que la venue du bateau pourrait être la solution la plus rapide pour donner du courant électrique à la population.
‘’Vous savez, on fait face à une crise, c’est une urgence, certainement ça ne plaît pas à tout le monde que nous soyons coupé en 8h et 18h. Et quand ça vient à 18h aussi, il y a des endroits où il y a des interruptions, ça ne peut plaire à personne. Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui ? Il faut trouver un moyen urgent, c’est une solution, mais elle est coûteuse. Techniquement, la meilleure solution qu’on peut avoir aujourd’hui, c’est le bateau. Maintenant, comment s’y prendre dans l’urgence de l’état actuel ? Normalement, c’est cette solution qui est la plus rapide. Avec le bateau, le temps de connecter sur le réseau ne prendra qu’au maximum 5 à 6 semaines. Parce que déjà le navire arrive, les équipements prêts à fonctionner, les générateurs, les transformateurs, la salle de contrôle…Tous les équipements sont prêts à fonctionner, il suffit juste de raccorder le câble et puis la Centrale commence à évacuer sa production sur notre système interconnecté de Guinée’’, a ajouté Moussa Koulibaly.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
