Aucune activité n’a été prévue ce vendredi 08 mars 2024, à Kissidougou, dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits des femmes. Et pour cause : les autorités administratives ont décidé de célébrer cette fête des femmes en différé ce samedi 09 mars.
Selon nos informations, la décision concernant ce report a été prise à l’unanimité par la direction préfectorale de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables avec l’ensemble des structures faîtières des femmes de Kissidougou.
Sur les raisons de ce report, le chef section chargé des questions de l’enfance auprès de la direction préfectorale de la promotion féminine, David Sââ Kôssô Kondiano apporte des précisions.
‘’Vous savez, dans le TDR de l’État, il est prévu que toutes les préfectures se retrouvent dans les chefs-lieux des régions administratives pour le lancement des festivités. Au moment où je vous parle, les femmes sont en pleine célébration à Faranah et Kissidougou y est représenté par plus de 50 femmes. Donc, après cette journée de lancement, chaque préfecture est libre de célébrer sa fête en différé. Présentement, nous sommes sérieusement occupés par les préparatifs’’, a-t-il précisé.
Se prononçant sur le programme des festivités de ce samedi à Kissidougou, le responsable des questions de l’enfance n’a pas manqué d’énumérer les activités phares prévues à cette occasion.

‘’Je dirais que ma direction a concocté un programme alléchant aussi festif qu’instructif pour joindre l’utile à l’agréable. D’abord tout commencera par un carnaval géant qui partira du carrefour de l’hôpital préfectoral jusqu’à la Maison des jeunes à Madina. Une fois dans la grande salle de la Maison des jeunes, nous allons à une série de séances de communication autour de la vulgarisation ou de la connaissance des droits des femmes. Ces communications seront tenues par monsieur le procureur ou un représentant du TPI de Kissidougou et deux membres de la direction préfectorale de la promotion féminine.
Vous êtes d’accord avec moi qu’il n’est plus un secret pour dire que certains droits des femmes sont bafoués dans notre société par le biais de nos traditions ou de nos religions. C’est pourquoi, on ne peut pas seulement venir danser et chanter, mais plutôt, nous devons mettre cette occasion à profit pour enseigner à nos femmes leurs droits en français et dans les langues du terroir. Par exemple, quand on prend les questions de mariage ou d’héritage, on se rend compte que les femmes sont lésées et surtout les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ou bien celles dont les époux sont décédés. Souvent, on les contraint à épouser un membre de la famille de son défunt mari, à défaut, elles sont simplement chassées de la famille. Pour moi, on ne peut pas gagner le combat de l’égalité des sexes ou de l’émergence des femmes si elles-mêmes ignorent leurs droits’’, a-t-il rappelé.
Cependant, à Kissidougou, une localité à vocation agro-pastorale, l’importante majorité de la couche féminine vit dans des zones rurales où elles croupissent sous les jougs des travaux champêtres et les tâches ménagères souvent dans les conditions insupportables. En outre, la plupart de ces femmes, en plus des violences basées sur le genre dont elles sont victimes, sont confrontées aux difficultés liées à l’accès à l’eau potable ou aux soins adéquats, surtout en cas de complication pour celles qui doivent accoucher.
Toutefois, il reste à savoir si ce samedi les femmes de Kissidougou vont accorder de l’intérêt à ces festivités dans un contexte marqué par la cherté de la vie, surtout à quelques jours du mois de ramadan.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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