Situé au quartier abattoir 1, dans la commune urbaine de Kindia, le marché des friperies a été démoli ce mardi 05 mars 2024 par les autorités communales, qui l’ont baillé à un particulier de nom d’Elhadj Korè. Les occupants sont aujourd’hui sans abris et ne savent plus à quel saint se vouer.

Interrogé, un des occupants de ce marché a déploré la méthode par laquelle le processus a été opéré. Mociré Yansané a affiché sa désolation face à cette situation qui pénalise une dizaine de jeunes et de femmes.
‘’Aujourd’hui, nous sommes dans la désolation, le désespoir causé par la commune. Hier, on était chez monsieur le maire pour lui parler de nos préoccupations et il avait dit que le délai de 3 jours était petit et qu’il allait leur dire d’attendre jusqu’après le ramadan, afin de nous trouver de la place. C’est ce qu’on pensait. Mais ce matin, on a vu les gendarmes et quelques personnes donnés des instructions visant à démolir tout. Ils disent que c’est la commune urbaine qui a dit, de gré ou de force de quitter les lieux. Vraiment, nous sommes abattus. Qu’ils ont baillé à Elhadj Korè, un commerçant de la place.
C’est Moussa Sacko qui nous a octroyé ce lieu, il y a de cela des décennies. En tout cas, les conseillers communaux qui sont là, c’est pour détruire Kindia au vu et au su des sages. Toutes les parties du marché sont baillées et l’argent du bail on voit pas sa destination, rien, sauf à leur détriment et dans leurs poches. Vraiment, si le président ne prend pas des dispositions contre ces conseillers communaux, ils finiront par vendre la préfecture, la place des martyrs et toutes les autres parties de la ville.
Aujourd’hui, on n’a plus de places, alors qu’il y avait plus de 250 personnes qui vendaient ici et qui sont désormais sans places. Les conséquences, on en parle pas surtout avec la conjoncture économique que traverse le pays’’, a déploré Mociré Yansané.

Selon Nana Yansané, vendeur, ce lieu était le seul endroit pour lui de gagner sa vie et d’assurer ses besoins quotidiens.
‘’Nous sommes nés ici, voir nos parents vendre ici et nous aussi on vend ici depuis des années. C’est eux qui ont fait ce marché. Mais aujourd’hui, ceux qui ont la force, l’argent et le pouvoir sont venus pour déguerpir sans arrière penser aux multiples conséquences, parce que nous, nous n’avons pas les moyens pour les contredire.
Nous demandons aux autorités, après la construction, de nous donner des places, parce que on a vu le cas du grand marché de Kindia, de Pèreya et même Nèguema. Vraiment, nous sommes à la merci de la route. Maintenant, on ne sait plus comment nourrir nos enfants, nos maris ne travaillent pas, le seul lieu qu’on connait, c’est ici. Donc, de nous aider pour ne pas perdre et perdre nos enfants. Nous sommes très inquiets de la situation’’, a-t-il fait savoir.
Pour le chef animateur adjoint d’abattoir 1, tous les efforts ont été consentis par le chef quartier pour repousser le délais, mais en vain.
‘’Les occupants sont allés nous rencontrer, que la commune les a donnés une semaine de préavis et nous voulions demander qu’elle nous laisse un peu de temps, c’est-à-dire, un mois pour se préparer. Donc, j’ai informé le chef de quartier et on a remonté au niveau de la commune. Mais ils nous ont dit qu’ils ne peuvent pas, que c’est déjà signé, et qu’ils ne peuvent pas revenir en arrière’’, a précisé Hady Cissé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
