Si dans le passé la préfecture de Kissidougou avait l’habitude de traîner les pas dans les mouvements de revendications sociales, ce lundi 26 février, la ville a été quasiment paralysée par le mot d’ordre de grève lancé par le mouvement syndical guinéen.
Même si les élèves du primaire et du secondaire avaient très tôt rallié les différentes concessions scolaires, mais dans la matinée, ils ont été finalement contraints de rebrousser chemin par manque d’enseignants.
Dans la cour du Lycée Soundiata Keita, des jeunes lycéens étaient visiblement mécontents de cette situation qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur le niveau d’avancement des programmes scolaires.
Pierre Pouthan Ouendéno est élève de la 11ème année Sciences Sociales: « cette situation commence à nous inquiéter, dans la mesure où, l’année scolaire est en train d’évoluer en dents de scie.
Nous venons de sortir de la crise de carburant qui avait également perturbé les cours et voilà la grève aussi qui se présente. Ce matin, les élèves étaient mobilisés et motivés à suivre les cours qui est un droit pour nous. Mais nous sommes restés dehors parce que nous n’avons vu aucun professeur.Ça ne peut pas continuer comme ça car c’est notre avenir qui est en jeu.
J’invite les gouvernants à tout mettre en œuvre pour que nous puissions reprendre les cours dans les plus brefs délais.Chaque fois, on nous dit que nous sommes l’avenir de ce pays mais l’avenir là c’est maintenant », a-t-il rappelé.
Ce même mot d’ordre a été suivi au niveau des deux institutions bancaires de la préfecture.
Les deux banques primaires de la commune urbaine sont restées fermées et d’ailleurs les dispositifs sécuritaires sont renforcés aux alentours.
Pour maintenir cet élan, la famille syndicale s’était retrouvée dans la matinée de ce lundi sous la houlette du doyen Hassan Touré de la CNTG.
Au cours de cette rencontre, ces syndicalistes ont salué la discipline des travailleurs qui ont obéi aux recommandations de leurs différentes structures. En outre, ces camarades syndicalistes ont pris l’engagement solennel de taire leurs divergences à cet instant sensible pour enfin défendre la cause commune.
Au sortir de cette rencontre, Cheick Ahmed Camara, Secrétaire général de l’Union Préfectorale du Slecg dirigé par le camarade Aboubacar Soumah, revient sur les points forts de leur entrerien: « d’abord la veille, chaque structure a réuni ses syndiqués pour une large sensibilisation dans le cadre de ce mot d’ordre de grève. Maintenant ce matin, nous avons décidé de nous retrouver en famille pour définir ensemble les directives à suivre.
Donc nous avons décidé de parler d’une seule voix et d’agir ensemble.Nous avons partagé les courriers dans les différents services notamment au bloc administratif, à la direction Préfectorale de la santé et à la direction Préfectorale de l’éducation.Nous allons continuer de nous retrouver quotidiennement pour suivre l’évolution de la situation.Je dirais que la grève est suivie à 99% à Kissidougou et pour cela nous sommes satisfaits. Car l’objectif est en train d’être atteint. Je profite pour remercier l’ensemble des travailleurs de Kissidougou et plus particulièrement les enseignants qui ont respecté à la lettre notre mot d’ordre de grève, aussi je les invite à continuer à rester à la maison. Je demande également aux parents d’élèves de garder leurs enfants à la maison jusqu’à la fin de ce mouvement qui est national », a-t-il rappelé.
Toutefois les citoyens dans leur majorité sont affectés par les effets de cette grève quand on sait que les services de la monnaie électronique ont fait blackout ce lundi.
Nous y reviendrons !
Ousmane Nino Sylla, depuis Kissidougou pour le révélateur 224.com
Contact :610.45.45.52
