Contre toute attente, le président de la transition a dissous ce lundi 19 février 2024, le Gouvernement dirigé par Bernard Goumou. Aucune raison n’a été motivée, puisque relevant du pouvoir discrétionnaire du chef de la junte. Les secrétaires généraux et chefs de cabinet sont chargés d’évacuer les affaires courantes des départements, en attendant la mise en place d’un nouveau Gouvernement.
Au lendemain de cette décision du sommet de l’exécutif guinéen, des réactions fusent de partout. Dans la société civile, un acteur membre du FNDC qui s’est confié à notre rédaction ce mardi 20 février, a estimé que cette décision était prévisible depuis le début de l’année 2024.
‘’Je ne suis pas surpris par la décision de la présidence de la transition, même si elle ressemble un peu à un jeu de diversion. Je pense que cette décision était prévisible depuis le début de cette année. Il y avait deux choix dans ce contexte d’extrême fragilité socio-économique sur les conditions de vie et de travail des Guinéens, ainsi que les profonds désaccords au sein du gouvernement dissout. L’une est déjà en cours et l’autre est en attente’’, analyse Alseny Farinta Camara, responsable à l’organisation du front national pour la défense de la constitution.
Pour cet activiste de la société civile, proche d’Oumar Sylla alias Foniké Menguè, il était temps pour le président Doumbouya de dissoudre son gouvernement dont des membres étaient devenus improductifs, ‘’afin de mettre en place une dynamique gouvernementale, qui priorise le retour diligent à l’ordre constitutionnel à travers la mise en place d’un cadre de dialogue fécond entre les acteurs sociopolitiques du pays’’.
Ensuite, ajoute-t-il, ‘’il faut que le président Doumbouya trouve des solutions urgentes à cette précarité généralisée qui affecte la population guinéenne. Aujourd’hui, les citoyens lambda ne peuvent plus tenir cette misère nationale caractérisée par la corruption endémique, le blanchiment d’argent, la course effrénée à l’enrichissement illicite et le détournement des deniers publics’’.
Madiou BAH.
