Les courriers polémiques du premier ministre et du ministre d’Etat en charge de la justice et des droits de l’homme, continuent d’alimenter les débats en Guinée. Des courriers qui ont éclaboussé le sommet de l’Etat en début de semaine.
Le ping-pong entre le premier ministre et son ministre en charge de la justice est diversement commenté par des acteurs politiques. Le Coordinateur du Front national pour la défense de la transition (FNDT) que nous avons interrogé ce jeudi 15 février 2024, a livré sa lecture de la situation. Pour Kéamou Bogola Haba, il est tout à fait normal d’observer de telles bisbilles entre membres d’un même Gouvernement. Tout de même, il suggère que cela se fasse à l’interne.
‘’Dans une administration, c’est normal, qu’entre chefs hiérarchiques, qu’il y ait des communications par rapport à des objectifs. Mais, il faut juste que ça reste interne, parce que les courriers là n’étaient pas destinés au public. Donc, un chef qui envoie à son collègue une demande et celui-ci répond, si c’était resté interne entre eux, il n’y aurait pas eu tout ce grand bruit autour. C’est le fait d’ailleurs que les documents soient sortis, c’est ça la problématique première. Qui a intérêt à ce que les désaccords sur des questions de fond soient mis sur la place publique ?’’, s’est-il interrogé.
De même, Kéamou Bogola Haba soutient qu’il n’y a pas de crises au sommet de l’Etat comme pourrait le penser certains. Il estime plutôt que ce sont des questions de principe et de priorité.
‘’Voilà, c’est des questions de principe qu’ils posent. Le premier ministre demande à ce que les injonctions là soient suspendues pour permettre le fonctionnement de l’administration et le ministre de la justice se dit aussi qu’il est le garant de l’indépendance de la justice et la lutte contre l’enrichissement illicite, est une priorité pour le président de la République et de son ministère. Et donc, en aucun cas, il ne peut suspendre ou arrêter des injonctions, parce que ça fait partie des priorités de la transition.
Nous, nous pensons qu’il n’y a pas vraiment de crises. Chacun est dans les positions de principe, il faut juste clarifier comment renforcer l’administration, mais aussi lutter contre l’enrichissement illicite et en faisant ce qu’il faut faire’’, a-t-il analysé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
