Suite au constat alarmant que le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation a fait sur la non-conformité des mentions portées sur les diplômes délivrés à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, les responsables de ladite institution ont annoncé le retrait immédiat de ces diplômes mercredi 07 février à travers une note circulaire. Ils ne se sont pas limités là. Dans l’après-midi de ce jeudi 08 février 2024, le Conseil de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia a animé devant un parterre de journalistes, un point de presse pour apporter des précisions sur ce scandale de « faux diplômes » remis aux étudiants sortants de la 14ème promotion du système LMD de ladite institution d’enseignement supérieur, qui ne fait qu’alimenter les débats dans la cité.

C’est en effet l’amphithéâtre Djibril Tamsir Niane de cette institution, qui a servi de cadre à la tenue de cette rencontre entre les cadres du rectorat et le secrétaire du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, dans le but de récupérer rapidement ces diplômes délivrés des mains des étudiants sortants.
‘’En tant que responsables, nous ne pouvions pas laisser passer ça. C’est une question de responsabilité. Le diplôme lui-même n’a pas de problème. Mais c’est le fait qu’il y ait un écart entre les mentions et les références des textes invoqués, qui fait que ces diplômes ont un problème. Donc, il est rappelé à tous les étudiants qui ont déjà reçu de retourner ces diplômes, afin de corriger les incohérences de façon gratuite et cela sera en charge de l’université’’, a déclaré Pr. Daniel Lamah, recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, avant de mettre en garde les étudiants qui n’ont pas l’intention de retourner ces diplômes.

‘’Les étudiants qui ont déjà reçu et seraient dans l’intention de ne pas rendre, dès lors que cette décision est publiée, ces documents sont considérés comme nuls et de nul effet. Ça ne peut pas servir. Comment voulez-vous passer plus d’une décennie sur les bancs et ne pas avoir un diplôme qui nous sert à quelque chose dans la vie’’, a averti Pr. Daniel Lamah.
À la question de savoir quel est le nombre d’étudiants concernés par cette affaire, le service de scolarité répond qu’il s’agit ‘’de 10527. Parmi ceux qui ont validé, 6592. Les mentions sont les suivantes : Dans le lot de mentions très bien, on a 1008 diplômes, soit 15,29%. Mentions bien 5149, soit 18,11%. Mention passable 435, soit 6,72%. Malheureusement, toutes ces mentions sont générées à la base du règlement de 2007 qui est complètement dépassé, qui est antérieur à la réglementation de 2019 », a expliqué Mamadou Yabara Camara.
De même, le chef de la scolarité n’a pas manqué de faire une mise au point à ce niveau également. ‘’Access est une base de données non robuste et dépendante de l’environnement. C’est-à-dire, qu’elle ne peut pas s’exécuter dans une machine où Access n’est pas installé. Ensuite, elle n’est pas robuste du point de vue du volume des informations. Cependant, nous gérons déjà plus de 200 000 étudiants depuis 2005 jusqu’à maintenant », précise le Directeur de la Scolarité de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.
Qu’est-ce qui est à la base de cette discorde ? Le recteur de l’université de Sonfonia ne mâche pas ses mots. ‘’Pourquoi rappelle-t-on ces diplômes ? Je voudrais vous expliquer que l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia est jusqu’à maintenant entre deux bases de données. Une base de données qui est conforme au règlement de 2007 et la nouvelle base de données qui est récente et qui est conforme à la réglementation de 2019. Mais pourquoi 2007 ? La réglementation de 2007, On sait que c’est ce qui a géré l’université depuis 2007. C’est l’année à laquelle le système LMD a été mis en place en Guinée. En 2019, cette réglementation n’était plus en vigueur. Le problème qui est le nœud de cette décision, c’est l’incohérence juridique qui existe entre les visas des diplômes et les mentions portées sur les diplômes. Ce rappel est une question de responsabilité pour garantir l’avenir et la carrière professionnelle de nos étudiants. Si on ne faisait pas ce rappel, lorsqu’on se rendra compte plus tard, ce diplôme ne pouvait plus fonctionner et ne pas corriger et rappeler. C’est de faire ces étudiant, les étudiants des victimes’’, a ajouté Pr. Lamah.

À son tour, le Secrétaire général du MERSRI s’est aussi exprimé en ces termes : ‘’C’est vraiment avec le cœur serré que nous avons constaté qu’il y a une des institutions d’enseignement supérieur. Je vous rappelle qu’il y en a 17. Dans les 17, il y a une des institutions qui a donné des mentions, je ne dirai même pas produit des diplômes en tenant compte du règlement des études de 2016. Je dirai donné les mentions, parce que même quand vous voyez les diplômes dans les visas, on cite les règlements de 2019, alors que le règlement se fait sur la base de 2007. Quelle incohérence ? Est-ce que les gens responsables pouvaient laisser passer cela ? non !
Aux étudiants aussi, vous ne détenez pas des diplômes, vous détenez, depuis quelques jours, des papiers. Si vous voulez avoir vos diplômes, je vous prie de faire un retour vers les autorités, pour que dans le meilleur délai, celles-ci puissent mettre à votre disposition, des documents qui vous accompagneront durant votre vie professionnelle’’, a invité Dr Facinet Conté.
Enfin, pour faire taire les débats, des mesures drastiques ont été annoncées contre les désobéissants. ‘’Le conseil de l’université va siéger sur le nouveau résultat qui respecte le règlement des études de licence. Donc, l’ancienne note de service portant l’attribution des grades de licence à vous sera de nul et nul effet.
Ensuite, le ministère est obligé de prendre des décisions fortes. C’est-à-dire, on écrase complètement toutes les séries des diplômes que vous avez pris. Cela veut dire que ces diplômes vont devenir de simples papiers. Vous n’êtes pas responsables, c’est nous qui sommes responsables. Surtout le service de la scolarité’’, a exhorté Mamadou Yabara Camara, directeur de la Scolarité.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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