Les récentes élections présidentielles congolaises ont enregistré une vingtaine de candidatures dont celle du Dr Dénis Mukwege ancien lauréat du prestigieux prix Nobel de la paix.
C’est le médecin qu’on appelle affectueusement « l’homme qui répare les femmes » à cause de son implication à travers l’hôpital ‘’Panzi’’ qu’il dirige dans l’agglomération de Bukavu.
L’hôpital s’occupe notamment, des femmes congolaises victimes des violences physiques et sexuelles des milices opérant dans son pays.
Dr Mukwege est depuis plusieurs années, une personnalité publique congolaise, africaine et internationale de premier plan.
Grâce à ses œuvres humanitaires en faveur des femmes martyrisées de son pays, il est parvenu à mettre le drame congolais sur les projecteurs.
Il mobilise et fédère tout le monde dont ceux réunis dans ce qu’on appelle « la communauté internationale » en faveur de la restauration de la dignité des femmes victimes des bandes armées sans foi, ni lois qui sévissent dans son pays, la RDC.
Son engagement et son implication en faveur des causes nobles et justes dans son pays, a été reconnu par le comité Nobel norvégien qui l’a honoré de son prestigieux prix.
Ce prix l’a rendu encore plus célèbre et a fait de lui, le saint, l’ultime recours, l’espoir; le seul dans son pays, capable de mobiliser, de fédérer l’opinion nationale et internationale pour défendre la cause des femmes de son pays.
Ce prestige l’avait porté plus haut que les politiques. Son envergure, son aura, sa réputation et l’impact de ses œuvres dépassaient de loin, n’importe qui d’autre au Congo.
À mon sens, il devrait mesurer la portée de ce prestige et accepter de se mettre au dessus de la mêlée et s’interdire de s’impliquer dans le champ politique comme acteur intéressé.
Sa récente candidature aux dernières élections présidentielles de son pays, risque plus d’entamer sa crédibilité, son aura et l’œuvre humanitaire qu’il accomplissait avec brio dans son pays que de renforcer son action.
En devenant acteur politique, il limite son champ d’action, il contribue directement ou indirectement au clivage qui minent son pays.
Il ne peut plus être au dessus de la mêlée, il ne peut plus fédérer toutes les consciences et les forces vives de son pays; bref, il n’est plus le saint à qui, les couches vulnérables dont les femmes de son pays, pouvaient se vouer ou compter.
Je suis de ceux qui pensent qu’on est pas forcément obligé d’être un politique surtout, de premier plan pour servir et être utile à son pays.
La posture, l’envergure, l’aura de Dr Denis Mukwege entant que responsable de l’hôpital humanitaire de Panzi, me semblait plus porteurs, plus prestigieux que son rêve de devenir Président de son Congo ravagé par des politiciens congolais qu’il vient de rejoindre.
Sow Boubacar, Switzerland
