Prenant la parole en marge à l’ouverture des travaux de l’examen de la Loi des Finances initiale 2024 ce vendredi 22 décembre 2023, le Gouverneur de la banque centrale de la République de Guinée, a alerté sur les conséquences de l’incendie grave survenu au dépôt d’hydrocarbures à Coronthie, dans la commune urbaine de Kaloum.
Selon Dr. Karamo Kaba, cette explosion qui a ravagé le principal dépôt des hydrocarbures à Kaloum, aura des conséquences économiques et sociales considérables.
‘’Soyons clairs et lucides, cet incendie aura des répercussions économiques et sociales importantes. Au plan économique, la croissance sera affectée’’, a-t-il alerté.
Pour le gouverneur de la BCRG, si la destruction des installations de la SGP entraine à moyen terme, une rupture de l’approvisionnement du pays en carburant, cela risque de perturber les secteurs des transports, de l’industrie, du commerce, des services, etc.
‘’L’INS entrevoit ainsi une baisse des importations de pétrole raffiné pour le reste de l’année 2023 de l’ordre de 4,2%, et un ralentissement des activités de transports d’environ 2% par rapport à une situation normale. Dans ce contexte, la croissance économique pourrait être amputée de 0,7%’’, a-t-il avancé devant les conseillers nationaux du CNT.
Au niveau de l’inflation, Dr Karamo Kaba laisse entendre que cette perturbation pourrait vraisemblablement occasionner une flambée des prix à la consommation.
‘’À date, les transports interurbains ont augmenté de plus de 60% dans l’ensemble du pays et ont triplé par endroits. Si cette tendance se poursuit, l’inflation en glissement annuel au niveau national pourrait se situer à plus de 10% en décembre 2023, contre une prévision de moins de 5%. Elle pourrait dépasser 15% dans la région de Conakry, alors qu’elle se situait à 8% en novembre 2023’’, assure-t-il.
Plus loin, le Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée a indiqué qu’en termes de finances publiques, le budget de l’Etat sera affecté par la baisse des recettes liées au ralentissement des activités, et par la hausse des dépenses sociales liées à la prise en charge des sinistrés et à la reconstruction des infrastructures endommagées.
‘’Compte tenu de la situation d’urgence, le Gouvernement pourrait envisager l’élaboration d’un plan de riposte, avec l’appui des partenaires au développement. Il pourrait également solliciter le soutien des pays voisins pour assurer l’approvisionnement continu du pays en carburant jusqu’à la construction de nouvelles infrastructures pétrolières. En attendant la construction de ces infrastructures, le Gouvernement pourrait envisager la transformation certaines cuves à gasoil en cuves à essence. Bien entendu, les nouvelles infrastructures pétrolières devraient être construites sur des sites éloignés des habitations, avec les mesures de sécurité appropriées. Ce que la SONAP avait commencé à faire suivant les instructions de la République à Mandiana et à Moribaya’’, a martelé le patron de la BCRG.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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