L’idéal aurait été sans doute de se retrouver dans un dialogue sincère et un accord responsable, certes difficile à obtenir dans un climat de suspicion et de conflit ouvert, mais cela aurait eu le mérite d’entretenir un minimum de confiance et d’empathie entre les acteurs afin de ne pas passer tous à côté de l’histoire et de ne pas hypothéquer l’avenir des générations futures, le sort de chacun étant forcément lié au destin du pays, alors le demain ne pouvant se décider qu’ensemble.
Aujourd’hui, après les grandes promesses et le rêve vendu aux Guinéens, le pays a recommencé à douter et le peuple se montre préoccupé par un horizon de plus en plus incertain. Le gouvernement isolé dans la majorité, contesté dans l’opinion. Il est dominé par de nouveaux sans ancrage politique et social ni assise populaire dans le pays.
Certes, si le président de la junte veut rétablir son autorité, reconstituer et renforcer sa majorité et se prévaloir d’une grande légitimité dans le pays, est obligé d’entendre les cris qui s’élèvent partout, les récriminations des partis politiques frustrés ou lésés dans sa façon à conduire unilatéralement la transition.
Toujours, les exemples de fausses promesses pour tromper, de discours messianiques pour gagner, avant de se retrouver finalement devant des difficultés qu’on a ignorées, sont légion. Beaucoup de peuples ont rêvé du meilleur, celui qui leur a été promis dans l’euphorie des campagnes médiatiques douteuses ou les années fastueuses du combat avec ceux qui en ont fait leur fonds de commerce, le réveil brutal de la servitude de diriger et l’inconfort de gouverner à une époque de refus.
Cependant, la Guinée n’est pas en reste de l’histoire universelle, alors une victoire à la Pyrrhus n’est pas souhaitable pour toutes les blessures à surmonter après, pas plus qu’une relève dans le chaos qui provoquerait une division à travers des affrontements.
Bref, les Guinéens vous regardent notamment le Colonel Mamady Doumbouya et l’histoire juger chacun, vous et vos compagnons comme le CNDD le traverse à l’instant.
Alors, il faudra se rappeler en attendant que le temps perdu ne se rattrape jamais et les occasions manquées pas non plus aussi bien pour les hommes que pour les peuples.
Donkass Traoré.
