Le président du MoDeL, Aliou Bah s’est prononcé hier lundi, 09 octobre 2023 dans l’émission Mirador de FIM FM, sur le protocole d’accord récemment signé entre le gouvernement guinéen et les Banques primaires, pour une levée de fonds estimés de 5 000 milliards de francs guinéens, ceci, pour le financement des infrastructures prioritaires de l’État.
Pour le leader du MODEL, le déficit budgétaire n’est pas mal en soi, mais c’est la manière de financer qui suscite des interrogations.
‘’Vous savez le déficit budgétaire n’est pas une faiblesse, c’est une programmation. Le déficit budgétaire est programmé selon les ambitions du pays. Donc, le déficit n’est pas un problème en soi, c’est la manière par laquelle il est financé, qui suscite des interrogations. Nous n’avons pas aujourd’hui le FINEX (financement extérieur) qui ne vient pas et ça, c’est d’abord un indicateur d’une crise de confiance par rapport aux partenaires de la Guinée. Pourquoi avoir signé un protocole d’accord là où vous avez la possibilité de lancer un programme de financement à travers une souscription libre au bon de trésor? J’ai lu le protocole, je crois que, c’est une des dispositions qui l’indique, la première tranche de plus 2 000 milliards, ce sont les réserves obligatoires qui sont utilisées pour cela. Cela veut dire qu’en terme simple, les banques primaires qui mettent leurs ressources à la disposition de la banque centrale pour garantir, parce que c’est un instrument de politique monétaire et instrument de régulation financière. La banque centrale doit avoir une certaine autorité sur les banques primaires, parce que c’est la mère des banques et son objectif, c’est de garantir la stabilité financière et les intérêts des déposants. Lorsque l’ensemble des banques mettent leurs ressources sur la base du taux de réserve obligatoire indiqué par la banque, qui est un taux obligatoire et que les ressources qui doivent être destinées à protéger le système financier de façon générale. Si ces ressources sont utilisées pour financer les programmes prioritaires de l’État, l’État tout de suite devient un partenaire qui doit à ces banques’’, s’inquiète Aliou Bah.
Et d’ajouter : ‘’Sur une des lignes indiquées dans le protocole, il est prévu une ligne de financement de façon inconditionnelle à éventualité que les banques primaires aient besoin d’avoir de la liquidité pour celles qui seront par exemple sous pression en terme de demande. Si les clients en veulent beaucoup plus que ce dont les banques disposent, ça voudrait dire que la banque centrale ne disposant plus de réserve obligatoire, peut financer cela à travers la planche à billets. Ce risque, il existe. Je crois au mois septembre, j’ai vérifié le chiffre, les réserves obligatoires de l’ensemble des banques commerciales cumulées étaient au alentour de 5 200 milliards, aujourd’hui on prend tout…Il y a une sorte de surendettement qui est en train de se faire et tout ça, c’est une façon de léguer aux futurs dirigeants, une patate chaude, parce que c’est un crédit qu’il faut bien rembourser. Et si toutefois, il y a des défaillances parce qu’il y a beaucoup de risques qu’il y ait défaillances. Souvenez-vous la transition de 2010 a laissé une ardoise salée de plus de 10 milles milliards à l’époque et lorsqu’Alpha Condé est arrivé, il a été confronté à ces difficultés là. Il n’avait pas suffisamment communiqué, mais il faut le reconnaître qu’à l’issue de la transition de 2010, la situation financière du pays était très critique’’, a-t-il assuré.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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