Dans l’histoire des peuples, il y a toujours eu des hommes et des femmes pieux ou des leaders qui émergent pour éclairer et conduire la masse sur la voie de la vérité, de la justice, de la paix et de l’unité. Ces leaders agissent très souvent dans des conditions difficiles, voire au prix de leurs vies, pour inverser les courbes des violences et des exactions. Elhadj Bano BAH, Khalif Général du Foutah, fait certainement partie de ces leaders religieux dont les actions resteront à jamais gravées dans la mémoire des guinéens.
Symbole de la pitié, de la sincérité et de la bonne guidance, El Bano BAH ne se satisfait que de ce qui fait plaisir à Allah et a mené une vie de soufi complètement détachée des préoccupations terrestres. L’homme a, durant sa vie, dédié son temps aux autres. Le temps si précieux et si cher, par les temps qui courent, à fortiori pour un homme de son rang.
Doté d’une prestance qui imposent l’écoute attentive commandée par une belle voix qui définit les contours d’une érudition avérée, le Khalif Bano BAH, a fait preuve de générosité, en partageant son savoir avec toute la communauté. De sa posture d’autorité morale et religieuse, il a toujours entretenu les fidèles de ses discours axés sur la parole de Dieu, ou les « Hadith » du prophète Mohamed (psl).
Homme de paix, Elhadj Bano BAH avait le don d’éteindre les foyers de tension. Il était maitre dans l’art d’accorder les violons des protagonistes les plus irréductibles, par la force de la persuasion, en usant des enseignements du Coran et de la Suna du prophète Mohamed (psl), sur un ton empreint de civilité basé sur un esprit d’ouverture, arrimé à la courtoisie qui le caractérisait.
Elhadj Bano nous a quitté, laissant, il faut le dire, un vide difficile à combler. Cependant, rester dans ses pas tout en s’inspirant de ses enseignements, pourrait être le viatique des fidèles que nous sommes, dans le but de perpétuer son œuvre.
Je présente mes condoléances au peuple de Guinée, aux fils et filles du Foutah ainsi qu’à la Ummah islamique.
Que la terre lui soit légère !
Inna Lilahi wa inna ileyhi radj’oun !
Khalil KABA