Samir Moussa l’avait déjà annoncé. C’est désormais chose faite: le chef d’état-major de la Gendarmerie burkinabè, le lieutenant-colonel Evrard Somda a été limogé ce 4 octobre 2023 par un décret du capitaine Ibrahim Traoré et remplacé par le lieutenant-colonel Natama Kouagri.
Depuis quelques jours, Samir Moussa avait écrit que le patron des pandores est dans le viseur de IB. Dans un premier temps, il était question de procéder à son interpellation. Mais en face, il y avait le lieutenant-colonel Cheick Amza Ouattara et le capitaine Christophe Maiga qui étaient prêts à défendre leur chef au prix de leur vie. Mais par des manœuvres dont lui seul a le secret, Evrard Somda livre les deux officiers aux sbires de IB: ils sont arrêtés et accusés de coup d’Etat contre la Transition.
Depuis Bobo-Dioulasso où il séjournait le week-end du 23 au 24 septembre, la décision avait déjà été prise de neutraliser Evrard. Mais les écrits et alertes de Samir Moussa ont vendu la mèche. Il fallait donc changer de stratégie pour neutraliser les deux hommes les plus redoutables de la Gendarmerie, Amza et Maiga, avant de le limoger.
Sentant d’ailleurs venir son limogeage , Evrard Somda est entré en contact avec Ibrahim Maiga pour qu’il intercède auprès de son homonyme Ibrahim Traoré afin de sauver sa tête. Et Maiga en a profité pour tenter de soutirer de l’argent à Evrard. C’était trop tard.
C’est une véritable honte pour un officier de sa trempe de faire recours à un sinistre individu comme Maiga pour conserver son poste.
Le calvaire d’Evrard n’est pas fini car après son éviction de l’état-major de la Gendarmerie, il risque désormais une arrestation pour complot contre la sûreté de l’Etat, sauf s’il fuit le pays, ou un assassinat les jours à venir. Il paye le prix de sa traîtrise et de sa couardise.
Fin de course pour un homme qui avait tous les atouts pour jouer un grand rôle dans l’histoire de ce pays. Mais à force de rouler pour ses seuls intérêts, il en paye le prix fort.
Samir Moussa