A la faveur d’une plénière tenue ce lundi 11 septembre 2023, à l’hémicycle du palais du peuple, le gouvernement guinéen, à travers les ministres du pool économique, a procédé à la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2023. C’était en présence des membres du CNRD, des membres du gouvernement, des présidents des institutions républicaines, des représentants des structures syndicales pour ne citer que ceux-ci.



Dans son discours de circonstance, Moussa Cissé, ministre de l’Economie et des Finances, a indiqué que l’élaboration du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2023 se justifie, entre autres, par plusieurs facteurs comme :

“La révision à la hausse du taux de croissance économique à 6,1% contre 5,7% du PIB initialement prévu au moment de l’élaboration de la LFI 2023 ; la faible mobilisation des ressources allouées aux dépenses d’investissement, notamment les obligations du Trésor et les emprunts obligataires ; la baisse des ressources allouées au Fonds National du Développement Local (FNDL) de 569,95 Mds à 429,99 Mds ; la baisse des ressources allouées au FODECON qui passent de 342,2 Mds à 256,2 Mds ; la baisse des ressources allouées au Fonds d’Investissement Minier qui passent de 189,98 Mds à 143,33 Mds’’, a-t-il indiqué.
Selon lui, l’enveloppe globale prévisionnelle du PLFR 2023 dans son volet dépenses d’investissements publics se chiffre à 13 712,95 Mds contre 13 748,4 Mds de GNF prévus en Loi de Finances Initiale (LFI), soit une baisse de 0,3%, représentant 35,44 Mds GNF. Le PIP est financé sur ressources propres pour 6 763,25 Mds y compris les droits et taxes, soit 49,3% et par les ressources extérieures pour 6 949,7 Mds, soit 50,7%.
‘’La répartition sectorielle des dépenses d’investissements publics se présente comme suit :
Le développement rural et environnement représente 4,7% du total des prévisions, soit 318,03 Mds GNF ; le secteur de l’eau, de l’énergie, de l’industrie et du commerce 7,2%, soit 485,10 Mds; les infrastructures et équipements 35,4%, soit 1 938,16 Mds ; le secteur social 22,6%, soit 1 529,3 Mds ; l’administration générale, la décentralisation, la défense et la sécurité 31,4%, soit 2 118,5 Mds de GNF ; et les droits et taxes, 5,4%, soit 367,10 Mds’’, a-t-il ajouté.
Présentant le projet de loi de finances rectificative 2023, Lancinet Condé, ministre du budget a indiqué qu’en matière de recettes, les prévisions sont revues à hauteur de 29 029,32 Mds contre 27 910,95 Mds en LFI 2023, soit une augmentation de 1 118,37 Mds (4,01%).

‘’Ces recettes se décomposent en : recettes fiscales pour 25 567,41 Mds ; dons, legs et fonds de concours pour 1 653,01 Mds et ; autres recettes pour 1 808,90 Mds’’, a-t-il annoncé, avant de rappeler que ce niveau de mobilisation projeté des recettes porte le taux de pression fiscale à 12,0% du PIB contre 11,6% en Loi de Finances Initiale.
‘’L’effort attendu de nos régies se présente ainsi qu’il suit : Direction Générale des Impôts : 14 721,74 Mds, soit un accroissement de 8,75% par rapport à la prévision initiale de 13 537,75 Mds ; Direction Générale des Douanes : 9 957,43 Mds contre une prévision initiale de 10 772,99 Mds, soit une baisse de 7,57% ; Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique : 2 697,14 Mds au lieu de 2 349,85 Mds initialement prévus, soit un accroissement de 14,78%’’, a-t-il déclaré.
Concernant les dépenses, le ministre du budget a laissé entendre qu’elles passent de 36 106,74 Mds à 37 058,75 Mds dans le PLFR 2023, soit une augmentation de 952,01 Mds.
‘’Ces dépenses se décomposent en Budget Général pour 35 861,68 Mds dont 59,75% de dépenses courantes et 40,25% de dépenses d’investissement et en Budgets d’Affectation Spéciale pour 1 197,07 Mds. Les dépenses du budget général augmentent de 1 040,86 Mds par rapport aux prévisions initiales. Cependant, les prévisions des budgets d’affectation spéciale connaissent une baisse de 88,85 Mds par rapport aux prévisions initiales, suite à une diminution des recettes qui en sont éligibles’’, dira Dr. Lancinet Condé.
Le ministre du Budget a par ailleurs précisé que les dépenses budgétaires révisées par nature de dépense se décomposent comme suit :
Budget Général
•Les charges financières de la dette se chiffrent à 1 063,20 Mds, soit une baisse de 181,81 Mds (-14,60%) ;
- Les dépenses de personnel sont réévaluées à 7 823,90 Mds, soit une augmentation de 463,45 Mds (+6,30%) ;
- Les dépenses de biens et services sont révisées à 4 117,55 Mds, soit une hausse de 139,61 Mds (+3,51%) ;
- Les dépenses de transfert sont portées à 8 422,02 Mds, soit une augmentation de 190,24 Mds (+2,31%) ;
- Les dépenses d’investissement sont réévaluées à 14 435,02 Mds, soit une hausse de 429,37 Mds (+3,07%). Elles représentent 40,25% des dépenses du budget général.
Budgets d’Affectation Spéciale (BAS)
- le Fonds National de Développement Local (FNDL) pour 429,99 Mds, soit une baisse de 139,97 Mds ;
- le Fonds de Développement des Communes de Conakry (FODECCON) pour 256,29 Mds, soit une baisse de 85,92 Mds ;
- le Fonds d’Investissement Minier (FIM) pour 143,33 Mds, soit une baisse de 46,66 Mds ;
- le Fonds Commun de l’Education (FCE) pour 367,46 Mds, soit une augmentation de 183,70 Mds.
Quant aux prévisions de recettes et de dépenses budgétaires révisées, elles dégagent un solde budgétaire déficitaire qui s’élève à 8 029,43 Mds, soit -3,77% du PIB contre 8 195,79 Mds, soit -3,84% du PIB initialement prévu.
‘’Afin de garantir la soutenabilité budgétaire et l’équilibre financier, ce déficit est couvert par les opérations de financement ci-après :
- émissions des Bons du Trésor pour un montant de 11 727,32 Mds ;
- souscriptions d’emprunts extérieurs pour 7 586,40 Mds, dont 1 922,25 Mds de DTS ;
- émissions des Obligations du Trésor (ODT) et des Emprunts Obligataires pour 4 951,04 Mds ;
- emplois des ressources provenant des ODT émis en 2022 non encore utilisées, pour un montant de 1 780 Mds ;
- recours aux découverts exceptionnels de la BCRG pour 986,95 Mds ;
- encaissements des remboursements des cautions de garantie pour 260,21 Mds ;
- remboursements du capital des emprunts pour 19 262,52 Mds, dont 18 223,38 Mds en emprunts intérieurs et 1 039,14 Mds en emprunts extérieurs’’, a martelé le ministre du budget.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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