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Processus de mise en place du CNJ-Guinée : Le Directeur national de la Jeunesse à cœur ouvert (Entretien exclusif)

6 septembre 2023

Le Ministère en charge de la Jeunesse, s’apprête à aller vers l’élection d’un nouveau bureau du Conseil national des Jeunes (CNJ-Guinée). Un organe consultatif du département dirigé par Lansana Béa Diallo, tirant son fondement, entre autres, de la Charte africaine de la Jeunesse et de la politique nationale de la Jeunesse.

Lancé en 2007, le processus de sa mise en place a jusqu’ici buté sur le manque de volonté politique. Seize ans après, le département semble déterminer à achever le projet, après plusieurs tentatives sans succès. Dans un entretien qu’il a accordé à notre rédaction ce mardi, 06 Septembre 2023, Ibrahima Kalil Kourouma (IKK), Directeur national de la Jeunesse et des activités socio-éducatives au Ministère de la Jeunesse et des Sports, est largement revenu sur le processus devant aboutir à la mise en place du Bureau national des Jeunes. Exclusif !

LEREVELATEUR224.COM : Nous sommes dans la phase de la mise en place du Conseil national des Jeunes (CNJ). Le processus a été enclenché au niveau communal, préfectoral et régional. Comment s’est-il déroulé ?

IBRAHIMA KALIL KOUROUMA : Il faut rappeler d’abord que les États qui ont ratifié la charte africaine de la Jeunesse, cette charte leur a demandé de mettre une faîtière dans leurs pays respectifs. Depuis 2007, la Guinée tente de mettre cette structure en place, mais en vain. Le ministre de la Jeunesse, M. Lansana Béa Diallo, quand il a reçu sa lettre de mission, il nous a demandés dans notre contrat de performance que nous avons signé, la mise en place de cet organe là. Parce que le conseil national des jeunes est un outil de concertation, d’expression et de représentativité des jeunes sur toute l’étendue du territoire national, à la fois aux rencontres régionales, sous-régionales et internationales. Ce qui est important ici qu’il faut rappeler, c’est qu’effectivement, notre équipe a réussi à mettre en place les bureaux dans les 363 sous-préfectures, dans les 33 communes urbaines, dans les 33 préfectures et 6 communes de Conakry. Nous avons la semaine dernière organisé les élections au niveau régional, il reste la mise en place du bureau national. Aujourd’hui, les jeunes sont en train de se préparer et former des coalitions, puisque c’est une élection, ce sont des associations qui ont candidaté, qui choisissent librement entre elles, leurs représentants au niveau du bureau national.

Exactement, où en êtes-vous concrètement avec la suite du processus ?

Nous sommes dans les préparatifs, comme j’ai eu à le dire, de la mise en place du bureau national. Les autres niveaux ont été mis en place, sans en tout cas rencontrer de problème majeur. Il y avait des revendications par endroits, mais c’étaient des revendications non justifiées que la commission d’organisation a purement et simplement mis de côté. Nous sommes engagés dans ce processus avec d’autres départements sectoriels, je veux citer ici les Ministères de la Justice, de l’administration du territoire, de la santé, de l’action sociale et tant d’autres structures qui nous accompagnent et qui forment le comité d’organisation des élections. Comme pour dire que les élections se sont passées dans les conditions les meilleures, les neuf (9) au niveau de chaque bureau qui ont eu la chance d’être élus par les autres membres de l’Assemblée générale élective, doivent compétir aux autres échelons un peu plus supérieurs. Je veux dire par exemple, le niveau préfectoral et celui sous-préfectoral mettent en place le niveau régional. Et les huit (8) régions administratives se mettront en place pour élire le bureau national. Voici un peu la voie par laquelle le processus va suivre et aboutir justement à l’élection du bureau national.

Vous l’avez vous-même dit, il y a eu quelques contestations. Comment vous avez décelé le vrai du faux ?

Ce n’était pas le Ministère de la Jeunesse qui était impliqué directement dans l’organisation, bien que nos services déconcentrés, les inspections et directions préfectorales de la Jeunesse faisaient partie, mais il revenait entièrement à ce comité d’organisation des élections d’organiser les élections. Aujourd’hui, ce comité est un comité assermenté. Et donc, c’est sur la base des documents que les jeunes candidats ont eu à fournir, que certains ont été mis de côte. Si je prends par exemple à Kankan, il y a un jeune qui a déposé un diplôme du brevet au niveau régional, alors que le niveau requis pour candidater au niveau régional c’est la licence. Donc, vous ne direz pas le contraire, quand je dis que ce jeune ne remplit pas les conditions de forme, parce qu’il y a des conditions de forme et les conditions de fond. Les conditions de forme c’est la présentation des documents exigés, et les conditions de fond, c’est le choix du jeune candidat par ses pairs.

Quels sont les critères retenus pour permettre aux jeunes de candidater ?

Il y a deux types de critères : les critères liés à l’association, parce que ce sont les associations qui peuvent faire acte de candidature, il y a l’agrément de l’association qui est demandé, le statut et le règlement intérieur, le rapport annuel de l’association qui est demandé. De l’autre côté aussi, il y a les critères liés au candidat, notamment son certificat de naissance, parce qu’il faut être âgé entre 18 et 32 ans. Il y a la photocopie de sa carte d’identité, il y a son certificat de résidence, son certificat de nationalité, et tant d’autres critères, comme pour dire qu’il y avait deux types de documents à fournir pour pouvoir compétir.

Au niveau national, les élections auront lieu quand ?

Les élections auront lieu dans les jours qui suivent, parce qu’aujourd’hui (mardi 05 septembre 2023) Monsieur le ministre de la Jeunesse ira rencontrer M. le Premier ministre chef du Gouvernement, pour caler une date conformément à son calendrier qui est très chargé. Donc, nous souhaiterions aussi que la plus haute autorité de l’Etat, qui est le président de la transition, chef de l’Etat, le Colonel Mamadi Doumbouya, puisse recevoir le bureau après son installation.

Après plusieurs années de tâtonnements, la Guinée va enfin mettre en place son CNJ. Quel est ce sentiment qui vous anime ; et, comment avez-vous réussi ce pari ?

Depuis 2007, la Guinée tente de mettre en place cette faîtière, mais comme je l’ai dit, en vain. Aujourd’hui, Dieu nous a donnés la chance de justement parvenir à mettre en place les bureaux. Et bientôt l’élection du bureau national. Ce ne sont que des sentiments de joie, de réconfort moral, face à ce grand sacrifice que le Ministère tout entier, je veux commencer par citer le ministre Lansana Béa Diallo, les membres de son cabinet et la Direction nationale de la Jeunesse ont eu à consentir pour donner à la Guinée cet organe pour la première fois dans l’histoire. Parce que si vous voyez nos voisins d’à côté, au Sénégal, le conseil national des jeunes a été mis en place depuis 1956. Et nous en Guinée, on n’avait jamais pu mettre en place ce conseil, c’est un pari que nous avons gagné. Nous avons sillonné je ne dirais pas l’ensemble des sous-préfectures de l’intérieur du pays, mais la plupart des sous-préfectures, des préfectures, des régions, et ici à Conakry, pour expliquer aux jeunes le bien-fondé de la mise en place de cet organe là, afin qu’ils s’intéressent, parce que le bureau national qui va être élu, va désormais parler au nom et pour le compte des jeunes de Guinée.

Le fait de réussir ce pari, est-ce qu’on peut dire que finalement, la volonté politique a primé, contrairement aux régimes précédents ?

Oui bien-sûr, c’est une volonté politique qui a été en tout cas concrétisée, parce que je vous ai dit tout à l’heure que M. le ministre de la Jeunesse, a reçu dans sa lettre de mission comme l’un des objectifs à atteindre, la mise en place du conseil national des jeunes. C’est l’une des priorités de M. le Président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, qui, d’ailleurs, à chaque fois qu’il prend la parole, insiste sur la participation et la prise en compte des problèmes des jeunes. Donc, justement, c’est une volonté politique, parce que ce n’est pas la première fois que la Guinée traverse une période de transition. Mais, c’est sous l’ère du CNRD et du Colonel Mamadi Doumbouya que cette volonté a été réalisée. Nous n’avons en aucun moment été interpellés, dissuadés et influencés par l’autorité, ça veut dire là qu’il y a une volonté politique, parce que l’autorité politique pouvait nous demander d’arrêter le processus. Mais en aucun moment, ni le premier ministre, ni le ministre de la Jeunesse n’ont eu à s’interférer dans le processus. Nous avons librement constitué les jeunes en associations, et ces associations ont librement élu les bureaux à tous les niveaux.

Il y a un ancien bureau qui avait été élu au temps du ministre Moustapha Naïté. Ce bureau qui s’est confié à notre rédaction il y a quelques mois, revendiquait une reconnaissance auprès de l’Etat, notamment au Ministère de la Jeunesse. Qu’en est-il ? Pourquoi vous les avez ignorés ?

Partout dans le monde, le premier bureau du conseil national des jeunes est mis en place par l’Etat. Je ne sais pas à quel moment ceux qui se réclament du conseil national des jeunes se sont retrouvés pour mettre leur bureau en place. C’est un bureau que l’Etat, en tout cas le Gouvernement ne reconnaît pas. C’est une association de jeunes. Ils ont le plein droit de former leur association, mais ils ne doivent pas se réclamer représentatifs de la Jeunesse guinéenne. Donc, effectivement, ils sont venus nous rencontrer, après discussion, on leur a demandé de compétir au même titre que certaines associations qui veulent faire actes de candidatures. Je pense même que M. Barry dont vous faites allusion a participé à beaucoup d’activités que nous avons organisé dans le cadre bien-entendu de la mise en place de ce conseil national des jeunes. Il était à l’atelier de validation des textes fondamentaux au niveau du Palais du peuple, je l’ai vu dans la cour là-bas. Il est venu par plusieurs fois rencontrer soit le ministre, la cheffe de cabinet ou moi-même dans mon bureau. Nous avons discuté, on leur a demandé de concourir au même pied d’égalité que les autres jeunes, s’ils veulent être membres du conseil national des jeunes. Mais c’est le premier bureau du conseil national des jeunes que la Guinée va connaître la mise place bien-entendu. Nous allons faire des courriers pour adresser aux autorités régionales, sous-régionales et internationales, pour présenter ce bureau. Et aujourd’hui, les partenaires techniques et financiers sont fins prêts pour accompagner l’installation officielle de l’organe qui va être élu a Conakry.

Quels sont vos attentes vis-à-vis du bureau qui sera prochainement élu à Conakry ?

Les textes disent que c’est un bureau apolitique. Donc, il faudrait que les jeunes qui auront la chance d’être élus au niveau de ce bureau soient justement respectueux des textes fondamentaux, qu’ils soient apolitiques et qu’ils se mettent au service des jeunes, parce qu’ils seront là pour les jeunes. Ils doivent agir en leur nom et pour leur compte. Le décret portant organisation et fonctionnement du Ministère de la Jeunesse fait du conseil national des jeunes un organe consultatif. Ça veut dire que le CNJ sera en tout cas obligé en tout cas de travailler avec le Ministère de la Jeunesse pour développer les activités qu’elle aura, quand je dis elle, je parle bien de la structure, qu’elle soit en mesure de concevoir, parce que le Ministère même mettra à leur disposition un cadre expérimenté pour leur permettre de monter les projets bancables, qui seront financés à la fois par l’Etat guinéen, mais aussi par les partenaires techniques et financiers. En tout cas, je souhaite bonne réussite à tous les candidats qui sont arrivés jusqu’au niveau régional et je les souhaite plein succès dans les différents projets qu’ils auront à présenter le jour des élections, que justement, l’aspect genre soit pris en compte, parce qu’il y a plus de 32% de jeunes filles qui sont élues dans les bureaux à tous les niveaux. Donc, je souhaiterais que ces jeunes dames soient représentées au niveau du bureau national.

Quelle sera la structure de ce bureau, et aussi quelle sera la relation entre votre département et bureau ? Il y aura combien de représentants au niveau du bureau national ?

Ça sera un bureau de neuf (9) membres comme à tous les niveaux. Au niveau régional, préfectoral, communal et sous-préfectoral. C’est donc un bureau de neuf (9) membres, il y aura un président, un secrétaire général, un trésorier, et des membres qui seront chargés chacun en ce qui le concerne de la gestion d’un secteur. Il y aura celui qui sera chargé de la santé, de l’hygiène et de la salubrité, le chargé de la formation, ainsi de suite. Ça sera une relation de collaboration qui va exister entre le Ministère et l’organe qui va être élu, nous serons entièrement à leur disposition, pour des questions de compréhension, pour les accompagner, en tout cas, dans les initiatives que le bureau national du CNJ entreprendra. C’est pourquoi, tout à l’heure, j’ai dit qu’un cadre du département va être mis à leur disposition, justement, pour leur permettre de comprendre un peu le mécanisme de fonctionnement du ministère, mais aussi, de voir les opportunités que le département offre en termes de formation, d’accompagnement technique et financier, de coaching et d’appui auprès des partenaires techniques et financiers.

Le Gouvernement mettra-t-il un budget de fonctionnement à la disposition du bureau national du CNJ ?

Justement, le bureau va bénéficier d’un appui budgétaire de l’Etat. Nous sommes en train de nous battre auprès du CNT, pour que dans la LFR (Loi de finances rectificatives), que l’appui au conseil national des jeunes soit pris en compte à partir de l’année prochaine, pour que justement à l’image des autres pays de la sous-région, le CNJ soit doté d’un budget de l’Etat. Mais aussi, il y aura l’appui technique et financier que les partenaires ont promis de mettre à leur disposition, pour assurer leur fonctionnement, un voyage d’étude est aussi en cours. Nous voulons les mettre à la disposition d’un CNJ modèle, que ça soit le Sénégal, la Côte d’Ivoire, pour que les élus du bureau national puisse voyager et comprendre un peu le mécanisme de fonctionnement du conseil national des jeunes.

Et qu’en est-il du mandat du bureau national du CNJ ?

Le mandat est de 3 ans, renouvelable une fois.

Interview réalisée par Madiou BAH.

(+224) 629 882 628

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