Les pays de la zone des trois frontières, Burkina, Niger, Mali, ne veulent être les vassaux d’une puissance quelconque. Ni française, ni américaine, ni russe et ni chinoise ! Ces pays veulent tout simplement être souverains, libres de diversifier leurs partenariats et aspirer au bien-être de leurs populations. C’est cette soif d’autodétermination et de liberté de conclure des partenariats gagnant-gagnant pour sortir leurs pays de la misère qui ont amené les militaires des trois pays à prendre leurs responsabilités. Et mettre ainsi hors d’état de nuire les chefs d’État exclusivement au service du néocolonialisme et de l’impérialisme.
La situation du Burkina, du Mali et du Niger n’est comparable à aucun autre pays africain où il y a eu des coups d’État militaires. Ces trois pays du Sahel, du Liptako-Gourma ou encore de la zone dite des trois frontières font face à une insécurité des plus terribles où les terroristes règnent en maîtres absolus. Ces hordes barbares commettent exactions, viols des femmes, massacres des bras valides, des bébés ainsi que les vieilles personnes, vols du cheptel et destructions massives des cultures de subsistance. A ce jour, pour le compte des trois pays, on dénombre près de 3 millions de déplacés internes dont la majorité au Burkina Faso.
Non !, chers amis, la situation des pays du Liptako-Gourma n’est pas comparable à celle des autres États de la CEDEAO !
Le terrorisme ne sévit pas dans cette zone par hasard. Elle regorge de vastes richesses incomparables et méconnues sauf par des pays occidentaux qui y ont leurs intérêts. Pensez-vous sincèrement que c’est pour aider ces pays du Sahel à lutter contre le terrorisme ou par altruisme que toutes ces armées occidentales se sont retrouvées au Sahel ? Plus simplement, alors que le Mali et le Burkina ont mis fin à la présence des forces étrangères d’occupation, au Niger on dénombre encore à ce jour, en dehors des civils, ingénieurs et spécialistes des matières premières convoitées, 1500 soldats français ; 1000 soldats américains ; 435 soldats allemands et 325 soldats italiens, au total 3720 soldats étrangers. Avec toute la logistique et les puissants armements de dernière génération, en plus des armées nationales, les terroristes régnaient encore en maîtres, il y a à peine quelques mois. Il est ainsi apparu clairement que les opérations antiterroristes occidentales servaient en réalité de couverture pour contrôler les ressources du Sahel ! La France par exemple contrôle, subventionne et équipe des groupes terroristes qui en retour se chargent de la protection des sites qu’elle exploite et éloignent l’armée régulière ainsi que les populations civiles trop curieuses.
Pour avoir toute cette liberté de manœuvre dans la vaste zone des trois frontières, la France a pris soin de signer avec les « Présidents démocratiquement élus » des accords militaires qui garantissaient et légitimaient sa présence en ces lieux. Ainsi, sous la couverture officielle d’aider les armées locales à lutter contre le terrorisme, la France exploitait les richesses minières de la zone et menait sporadiquement des assauts contre des groupes terroristes qui n’étaient pas sous son contrôle, car ces derniers sont divers et épars. Mais cela donnait l’impression qu’elle participait activement à la lutte contre le fléau, les télévisions des « Présidents démocratiquement élus » étant là pour le constater alors qu’en réalité elles recevaient des bandes pré-enregistrés.
Non, la situation du Burkina, du Mali et du Niger n’est comparable à aucun autre pays africain où il y a eu des coups d’État militaires. Il est alors évident que cette complicité active entre « Présidents démocratiquement élus » et occupants ne pouvait perdurer, puisque le terrorisme prenait de l’ampleur et les populations civiles martyrisées, déplacées, souffrant de la faim demandaient des comptes à leurs dirigeants emmurés dans des palais dorés à l’intérieur desquels orgies, saumons fumés, foie gras se disputaient les champagnes des célèbres caves parisiennes. Trop c’en était trop ! Et comme de connivence mais par simple coïncidence, les militaires prirent successivement leurs responsabilités. D’abord au Mali, ensuite au Burkina et maintenant au Niger. Et depuis, comme par miracle, avec le retrait des troupes françaises et la coalition militaire des trois pays, en moins d’un mois ces troupes terroristes « sérieusement traitées » ne savent plus dans quel recoin du Sahel se terrer et évoquent désormais des accords de paix.
Non chers amis, la situation des pays du Liptako-Gourma n’est pas comparable à celle des autres États de la CEDEAO !
Cette zone qui recèle d’énormes minerais de qualité est la convoitise de plusieurs puissances occidentales, la France en première. Il faut savoir que si l’uranium nigérien permet à la France d’alimenter la grande partie de ses centrales nucléaires pour donner de l’électricité aux Français, le Niger en dépend à près de 70% de son voisin du Nigéria avec qui elle achète le précieux courant. Alors que la France sort chaque année 2000 tonnes d’uranium nigérien qu’elle utilise pour ses centrales nucléaires et en revend une partie à l’Europe, il suffit seulement de 20 tonnes du même uranium pour éclairer le Niger pendant 10 ans. Quel paradoxe ! Mais il ne s’agit pas que de l’uranium, toute cette zone des trois frontières où les plus grands terroristes se sont donnés rendez-vous comme le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), branche d’Al-Qaida ou l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS) et surplombés un peu plus haut par Boko Haram, regorge également de pétrole, de gaz, d’or, de fer, d’eau douce souterraine. Mais encore plus méconnus des Sahéliens mais connus des Français, du Rhodium (à Tera) convoité comme le métal le plus cher du monde ainsi que du Californium (pas à l’état brut), tous ces deux éléments plus chers que l’or et le pétrole se trouvant dans la région de Tillabery au Niger.
Pour s’en convaincre, il suffit de se demander pourquoi la France refuse obstinément de quitter le Niger. Pour « restaurer la démocratie » et redonner son fauteuil à un « Président démocratiquement élu ? » Mais non, bon sang ! Toutes ces richesses se trouvent dans la zone dite des trois frontières du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Après avoir perdu les deux premiers, la France s’est rabattue sur le dernier, épicentre de toutes ces richesses, où elle sait compter aveuglement sur le Président de ce pays, Mohamed Bazoum, et boum ce dernier aussi est victime d’un coup d’État. Je vous laisse deviner la suite avec le recours aux chefs d’État de la CEDEAO.
Aussi long soit-il, ce texte n’est pourtant qu’un résumé et j’espère pouvoir y revenir. Désolé d’avoir abusé de votre précieux temps !
Abou Maco.