En mission de travail dans la région administrative de Labé, le Secrétaire exécutif du Conseil national des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSGC), a dénoncé ce mardi, 15 août 2023, des cas de corruption et de détournement dans le paiement des agents de santé communautaire (ASC) et des RECO. C’était en marge d’un atelier de dissémination de la Loi portant statut des fonctionnaires des collectivités locales.
Cet atelier qui a connu la participation des autorités communales et préfectorales, ainsi que des acteurs de la société civile, a été une occasion pour Ange Gabriel Haba, de détecter des cas de corruption et de détournement dans le paiement des agents de santé communautaire (ASC) et des RECO.
‘’Il a été révélé dans cette salle, des cas de corruption et de détournement, parce que, vous n’êtes pas sans savoir, que dans les collectivités locales, il y a des agents de santé communautaire, qui ont des contrats avec des maires, et sont payés à travers l’appui financier des partenaires techniques et financiers, qui passent par les microfinances pour payer ASC (Agent de Santé communautaire) et ces RECO. Mais nous avons été surpris que pendant le dernier paiement, il y a des gens qui ont exigé à ces ASC et RECO, des montants, qui ont été posés comme condition, afin de les payer, c’est-à-dire, on les soumet au paiement de 1 200 000 GNF, certains de 400 000 GNF, pour pouvoir bénéficier de leurs salaires. Et pourtant, ces salaires là, constituent pour eux un droit’’, a-t-il révélé.
Mieux, cet acteur de la société civile guinéenne a saisi cette opportunité, pour interpeller les autorités de la transition, mais aussi, l’agence nationale de lutte contre la corruption. Pour Ange Gabriel Haba, il faut à tout prix, mettre fin à cette pratique inacceptable et insoutenable.
‘’Donc, c’est l’intérêt pour nous de venir à l’intérieur du pays, pour nous enquérir aussi des réalités, parce que cette situation se passe sous l’œil impuissant de tous ceux qui peuvent dénoncer. Et chacun veut camoufler l’information. Nous, on a été interpellés, pour qu’on puisse dénoncer cela. C’est pourquoi, j’interpelle le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, nous l’invitons à prendre ses dispositions, pour vérifier cette information et interpeller tous ceux qui sont coupables de cela. Même si ce n’est pas le Ministère qui a commis les gens, mais aujourd’hui, les questions de collectivités locales relèvent du Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. On interpelle aussi l’agence nationale de lutte contre la corruption, pour se saisir de cette situation, identifier les commanditaires et les responsables de ses cas de corruption et de détournement. C’est des cas de corruption avérée, parce que ceux qui ont été victimes se sont exprimés, les maires se sont exprimés, tous les maires présents dans cette salle ont confirmé qu’il y a des cas de corruption et de détournement pendant le paiement des ASC et des RECO. Mais on ne peut pas accepter qu’au moment où, nous faisons des plaidoyers pour que l’Etat puisque prendre ces ASC et RECO en charge, qu’ils se trouvent parmi ces responsables de ses collectivités, des gens qui rançonnent ces ASC et RECO. C’est inadmissible, irresponsable, et ça doit être poursuivit pour que tous ceux qui sont autour de cette situation soient arrêtés’’, a-t-il interpellé.
Dans sa narration, Ange Gabriel Haba a fait des recommandions au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Des recommandations pour que que cette loi soit dissimulée dans toutes les collectivités, afin de permettre aux agents communautaires de connaître le contenu de ladite loi.
‘’C’est le moment pour nous, si nous voulons aider les nouvelles autorités, qui ont quand-même affiché une très bonne volonté, de faire de cette situation de décentralisation une effectivité, c’est le moment pour les autorités donc de se lever, interpeller toutes les personnes qui tournent autour du paiement des salaires de ces ASC et RECO. Même si l’argent vient du partenaire, l’Etat doit garantir les droits de ses agents de santé communautaire, qui travaillent pour nos communautés. C’est le lieu pour nous, de lever le ton et de dénoncer cette corruption à outrance, pour que plus jamais ça dans nos collectivités’’, a-t-il conclu.
Madiou