S’il existe un concept galvaudé à bas frais actuellement dans les débats qui secouent la Guinée et particulièrement l’espace Africain francophone, c’est bien celui du panafricanisme.
Pour beaucoup, il suffit d’être contre la politique menée par les autorités françaises en Afrique et ailleurs pour être panafricain.Pour d’autres, il suffit d’exprimer une prévention contre les liens de soumission entre un pays africain et une puissance impérialiste pour être panafricain. Plus curieux encore, il suffit de le dire pour l’être. Tout cela est réducteur, naïf, simpliste et forcément absurde.
Que faut il entendre par panafricanisme ?
Le panafricanisme est par essence un mouvement d’idées et d’émotions. C’est une vision sociale et politique, une philosophie qui cherchent à unifier les Africains d’Afrique et les membres de la diaspora africaine en une communauté africaine globale, et qui appelle à l’unité politique de l’Afrique. Il a pour objectif fondamental la coopération économique, intellectuelle et politique entre les pays africains. Il n’y a pas de panafricanisme sans une volonté d’émancipation des Africains de la tutelle de ceux qui ont déstabilisé sa trajectoire historique.
En d’autres termes , c’est un mouvement qui exige que les richesses du continent soient utilisées pour le développement de ses peuples, l’unification des marchés financiers et l’avènement d’un nouveau paysage politique du continent.
Le panafricanisme ne consiste point à brûler les drapeaux ou vandaliser les consulats ou ambassades d’un pays occidental. Également, il ne s’agit nullement pas de faire un choix d’une puissance étrangère au détriment d’une autre.
Historiquement, il prône la non violence . Ceci est d’autant plus vrai que sous la plume de Kwame, alors secrétaire politique du 5e congres , un programme d’action fut établi sous le nom « d’action positive » en s’inspirant de la non-violence de Gandhi.
Par ailleurs , Il est important de souligner que contrairement au réductionnisme racial dont on a toujours voulu marquer le Panafricanisme, très tôt ce mouvement a été fondamentalement pour l’émancipation de l’Homme et contre toutes les formes de discriminations.
Il est temps que la jeunesse guinéenne sorte de la confusion et l’amalgame créés par un manque d’information et de formation autour de ce concept. Elle doit urgemment se donner une vocation panafricaine afin de briser les obstacles à à sa pleine participation au développement du continent. La jeunesse doit donc s’organiser dans cette perspective. Qu’aucun esprit brumeux ne vienne les détourner de ce chemin qui mène à leur propre salut.
Khalil KABA