C’est un ouf de soulagement pour les Cent cinquante (150) anciens travailleurs de la Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéas (SOGUIPAH) ou leurs familles. Ces derniers ont enfin touché ce lundi, 24 Juillet 2023, leur pension. Une indemnisation placée sous le sceau de la rectification et de la justice sociale, lancée à Diéké, une préfecture de Yomou, au sud de la Guinée, par le ministre du Travail et de la Fonction publique, en l’occurrence Julien Yombouno.



C’était au cours d’une cérémonie, qui a mobilisé le Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), le gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré et plusieurs autres autorités administratives et locales. Cette cérémonie grandeur nature s’est déroulée dans une salle polyvalente, où les opérations vont se poursuivre entre les services de la Caisse de Sécurité Sociale (CNSS) et les anciens travaux de la SOGUIPAH, qui traversaient jusque-là, une injustice qui ne point son nom.
En tout, ils sont 155 assurés sociaux dont 96 pour la pension de retraite, 10 pour la pension de réversion ou de survivant, 13 pour le capital décès ou le secours capital décès, 3 pour l’allocation vieillesse et 33 autres qui doivent être réintégrés. La dernière catégorie concerne des retraités dont les droits à la retraite avaient été injustement suspendus depuis 2012 pour certains et supprimés pour d’autres en 2017.

‘’Nous sommes venus ici à Diécké, dans la préfecture de Yomou, pour effectuer l’indemnisation des anciens travailleurs de la société SOGUIPAH S.A. Au-delà de cette indemnisation, c’est une mesure de justice sociale et de rectification. Le droit avait été refusé depuis 2012 pour certains et supprimé pour d’autres depuis 2017. Il était important que la caisse dans son rôle de protection pour des gens qui ont cotisé à la caisse nationale de sécurité sociale, qu’ils soient rétablis dans leurs droits et avec un rappel depuis leur départ à la retraite. C’est-à-dire, soit 2012 soit 2013 ou au-delà. Il est très important pour nous de dérouler les missions de la caisse. C’est très important que la population sache qu’est-ce que la caisse. La caisse nationale de sécurité sociale c’est le résumé général de base des travailleurs du secteur privé et parapublics. Il est aussi important que chaque travailleur qui a un contrat de travail, s’affilie à la caisse, tout en demandant à son entreprise de cotiser à la caisse, afin qu’en cas de départ à la retraite, maladie ou accident de travail que nous puissions faire face à ces engagements financières (…).
Conformément à la vision du chef de l’Etat, président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya, notre institution, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), sous le leadership de mon ministre, le ministre du Travail et de la Fonction publique, M. Julien Yombouno, ne faillira pas dans la poursuite de sa mission de protection sociale pour tous. C’est en cela que toutes les personnes qui seront rétablies à partir d’aujourd’hui, bénéficieront d’un rappel de leurs droits à partir de leurs dates de jouissance. Et cela lui sera versé dans la totalité, car c’est son droit’’, a indiqué Bakary Sylla, directeur général de la CNSS, dans son discours de circonstance.
De son côté, le ministre du Travail et de la Fonction Publique, a mis un accent particulier sur le bien-fondé de cette action, qui, selon lui, n’est rien d’autre que la rectification et la justice sociale.

‘’Nous sommes là dans le cadre de la protection des personnes vulnérables. Quand on a terminé son temps de travail, on va à la retraite. Le salaire n’est plus remis, on tombe dans la vulnérabilité. La seule manière de compenser pour pouvoir faire face à cette vulnérabilité, c’est de bénéficier de cette pension. À Diécké, plusieurs travailleurs n’ont pas bénéficié de leur pension, certains mêmes depuis 2012. Nous venons donc réparer cette grosse injustice sous l’instruction du chef de l’Etat (…).
Nous voilà pour un autre cas de rectification sociale à l’image de ce que nous avons déjà opéré à Fria en début d’année, à savoir l’indemnisation des retraités de la SOGUIPAH. Ce qui va leur permettre d’être rétablis dans leurs droits, à une pension de retraite’’, a mentionné Julien Yombouno.
Plus loin, Julien Yombouno a demandé aux chefs d’entreprises de faire assurer leurs employés à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

‘’L’exemple de ce qui s’est passé à Fria et ce qui se passe ici à Diécké, devrait donner un sens élevé d’anticipation aux responsables d’entreprises, à tous les travailleurs et employés de se faire immatriculer à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Parce que c’est le seul moyen qui leur permettra de survivre au-delà de la retraite. Nous invitons quelques 4 milles employés de la société SOGUIPAH à se faire immatriculer. On ne peut pas garantir la paix sociale tant qu’il y a la frustration et l’injustice. C’est une façon d’instaurer la paix sociale en procédant à l’indemnisation. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, c’est ce que nous faisons aujourd’hui. Nous demandons aux représentants de la caisse nationale de sécurité sociale d’identifier tous ces cas dans le pays pour que nous puissions les corriger et redresser le tort’’, a lancé M. Yombouno.
Pour sa part, le directeur général de la SOGUIPAH, assure que l’indemnisation de ses anciens travailleurs de l’entreprise qu’il dirige, a un double avantage.

‘’Nous sommes bien honorés pour cette décision salvatrice d’indemnisation de nos passionnés. Après 10 ans d’attente pour certains, il a fallu la prise du pouvoir par le CNRD, pour que la boussole de la justice s’oriente en faveur de ceux-ci. Par cette démarche noble et inclusive, vous posez deux actes en un.
Dans un premier temps, vous réconfortez nos très chers pensionnés et/ou leurs familles respectives. Dans un second temps, vous créez un sentiment de réelle motivation vis-à-vis de nos travailleurs actifs, en leur apportant la garantie de sécurité sociale dans notre pays. Nous saluons et nous félicitons les réformes engagées à la caisse nationale de la sécurité sociale’’, s’est-il montré satisfait.
De leur côté, les bénéficiaires se disent satisfaits de indemnisation. C’est le cas de Paul Zoumanigui, qui est en service à la SOGUIPAH depuis 1990.

‘’J’éprouve une réelle satisfaction et un regain d’espoir. Les premiers retraités n’ont jamais bénéficié d’une indemnisation. Quand on a ça aujourd’hui, c’est un ouf d’espoir. Nous remercions le gouvernement du colonel Mamadi Doumbouya pour ce geste’’, s’est réjoui ce retraité.
Madiou BAH.