Après l’annonce du pardon que Charles Wright entend accorder aux magistrats suspendus pour des faits de corruption, des voix s’élèvent partout pour fustiger cette volonté du garde des sceaux. Se prononçant sur cette question chez nos confrères d’Espace FM ce Jeudi, 29 Juillet 2023, Maître Pépé Antoine Lamah, avocat à la Cour, s’est insurgé contre cette décision.
Pour lui, il n’est pas question de pardonner aux cas de corruptions avérées dans les institutions judiciaires. L’avocat a déclaré que face aux pratiques de corruptions avérées, le pardon n’a pas sa place.
‘’Je pense que face à des pratiques de corruption avérée s’il y’en a, le pardon n’a pas sa place. Si Monsieur Alphonse Charles Wright est dans sa dynamique habituelle, qui l’a d’ailleurs propulsé au niveau du parquet général, veut réellement balayer la maison, débarrasser de tous les tares, il n’a pas à pardonner les cas de corruptions avérées. Il doit aller jusqu’à son terme. Se permettre de pardonner les pratiques de corruption dont certains magistrats se seraient livrés au nom du pardon, pour moi, ça serait fragilisé et mettre en danger les institutions judiciaires de notre pays. Un magistrat corrompu n’a pas sa place dans l’institution judiciaire, il faut bien que cela soit clair. C’est même très grave de dire publiquement qu’on pardonne de telles pratiques. Je ne sais pour qu’elle raison, c’est inadmissible’’, a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’on ne peut pas gérer une administration par des émotions, par des sentiments.
‘’Ce que je n’admets pas quand-même, c’est que le pardon de Monsieur Charles Wright puisse s’inviter dans le cadre du fonctionnement de l’administration et même de l’exercice des procédures disciplinaires contre les magistrats. Il faut relever qu’il est investi du pouvoir de mettre en mouvement l’action publique. Il a dans ses prérogatives le pouvoir de proposer le projet de décret qui sera éventuellement validé par le conseil supérieur de la magistrature, avant d’être entériné par le décret du président de la République. Mais on ne peut pas gérer une administration par des émotions, par des sentiments, ce n’est pas possible’’, a recadré l’avocat au ton imposant.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.