A l’occasion de la présentation de son trophée aux cadres de son déplacement, le garde des sceaux, Ministre de la justice et des droits de l’homme a indiqué qu’il accorderait son pardon à tous les magistrats suspendus. Cette annonce d’Alphonse Charles Wright est très mal perçu par les avocats de Mohamed Diawara, président de l’association des magistrats de Guinée.
Me Antoine Pépé Lamah, un des avocats de ce dernier qui intervenu chez nos confrères d’Espace FM ce jeudi, 20 Juillet 2023, dans l’émission ‘’le Before GG’’, a d’abord déclaré que cette sortie du Ministre de la justice viole la présomption d’innocence des personnes concernées.
‘’Cette sortie du Ministre vient violer le droit à la présomption d’innocence dont bénéficient tous les magistrats qui font objet de poursuites disciplinaires devant le conseil supérieur de la magistrature. Les décisions de suspension du Ministre de la justice ont tendance à se convertir en véritable sanctions disciplinaires, puisque ces mesures conservatoires là sont parfois rendues en violation frontale des dispositions de l’article 38 portant statut des magistrats, qui limite la durée de la mesure conservatoire à 30 jours. Monsieur Mohamed Diawara a été suspendu suivant un arrêté pris le 16 août 2022 et nous sommes aujourd’hui le 20 juillet 2023. 8 mois après intervention de la décision du conseil supérieur de la magistrature, monsieur Mohamed Diawara n’est toujours pas rétablit dans ses fonctions’’, a déploré Le Pépé Antoine Lamah.
Concernant justement le cas du président de l’association des magistrats de Guinée, l’avocat fait savoir que son client rejette le pardon de Charles Wright. Il estime que si quelqu’un doit demander pardon aujourd’hui c’est bien le garde des sceaux.
‘’Monsieur Mohamed Diawara rejette le pardon formulé par Monsieur le Ministre de la justice garde des sceaux, car il ne se reconnaît pas dans la description faite par ce dernier. Monsieur Mohamed Diawara, contrairement aux autres, a bénéficié le 15 décembre 2022, d’une décision d’irrecevabilité du conseil supérieur de la magistrature qui le blanchi et qui déboute le Ministre de la justice, garde des sceaux. Dans les conditions normales, il devrait être automatiquement rétablit dans ses fonctions. Malheureusement, depuis 8 mois, le Monsieur n’est pas en activité. Donc, si quelqu’un doit demander pardon aujourd’hui, c’est bien monsieur Alphonse Charles Wright qui doit demander pardon à Monsieur Mohamed Diawara pour deux raisons : la première, c’est qu’il l’a illégalement suspendu parce que la suspension qui a été prononcée fait qu’aujourd’hui, le monsieur n’est pas en activité depuis 11 mois, ce qui est pratiquement intolérable. Et la deuxième chose, il doit demander pardon à Monsieur Mohamed Diawara pour avoir ignoré la décision du conseil supérieur de la magistrature qui s’impose à tous. Et aujourd’hui Monsieur Mohamed Diawara au nom de la cohésion dans la magistrature, et pour l’intérêt supérieur de la magistrature guinéenne, est même disposé à accepter ce pardon pour que la vie continue’’, martèle Maître Antoine Pépé Lamah.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.