Depuis le 15 décembre 2022, Mohamed Diawara a été blanchi par le conseil supérieur de la magistrature par rapport aux griefs de son ministre à son encontre.
Pour autant, il n’a pas été réintégré dans ses fonctions ni réhabilité aux yeux d’une opinion qui se demande encore s’il est innocent ou coupable des charges retenues contre lui. D’autant que si l’arrêté de sa suspension a défrayé la chronique, l’arbitrage rendu en sa faveur est passé , presqu’inaperçu. Un homme mis hors de cause par l’organe de discipline de sa profession et à travers le jugement de ses pairs, est-il encore fautif pour requérir une mesure de clémence ?
C’est quoi alors le sens du pardon que le ministre de la justice dit, publiquement, lui avoir accordé ?
Des excuses étaient mieux indiquées, des regrets auraient été aussi les bienvenus.
Israël Kpogomou, l’ancien procureur de Labé, suspendu de ses fonctions, à la hâte et dans des conditions obscures, lui aussi, les greffiers, les gardes pénitentiaires ont bénéficié de la magnanimité du roi Charles 2 dans la foulée et l’euphorie de son intronisation récente au Maroc, à grand renfort de publicité.
Un roi sans trône, ni royaume, disposant cependant, d’un décret de grâce publique, de pardon discrétionnaire très étendu, a fait parler son coeur , alors qu’il a prêté serment devant le peuple de respecter et faire respecter la Loi, au prix de sa vie, quitte à sacrifier la paix sociale et la stabilité politique dans le pays.
A présent, qu’en serait-il, d’autres notamment, les victimes des injonctions servies dans la précipitation et à cause de l’instinct irrépressible chez le garde des sceaux de punir , poursuivre et traquer tout le monde?
Après avoir été soupçonné d’être la justice, Charles Wright, devra affronter d’autres critiques de ses contempteurs qui le voient désormais en véritable prince de la République devant lequel il faudrait s’incliner ou périr.
Le Colonel Mamadi Doumbouya, à la veille de son remaniement ministèriel, trés attendu, appréciera. Une perspective qui pourrait davantage expliquer certaines situations mieux que le prix invoqué, pour absoudre des fautes loin d’être établies et dont les présumés auteurs espèrent davantage réparation qu’absolution forcée et intéressée.
Alsény Sylla.