Le lundi, 10 juillet dernier, des jeunes en colère ont érigé des barricades au quartier Bomboly, dans les environs de 22h. A cette occasion, des agents de la brigade anti criminalité seraient intervenus pour disperser les manifestants. C’est dans cette débandade, qu’un adolescent aurait reçu une balle au niveau de la tête.
Ibrahima Manet, la victime, âgé de 17 ans, est un élève de la 9ème qui a fini par succomber à ses blessures, à l’hôpital Sino-guinéen dans la nuit du vendredi, 14 juillet dernier, dans les bandes de 21h. Son grand frère, Mamadou Yaya Manet, que notre rédaction a rencontré ce dimanche, 16 Juillet 2023, nous a expliqués les circonstances dans lesquelles, son jeune frère a reçu la balle.

‘’Le dimanche, 09 juillet dernier, il y a eu des jeunes qui sont venus barrer la route au niveau de Bomboly et vu que nous sommes près de la route, nous sommes sortis pour les contrecarrer. On n’a pas accepté qu’ils manifestent ici. Entre-temps, les bérets rouges sont venus, ils sont intervenus. Ceux qui voulaient manifester ont fui et nous, nous sommes restés. Les militaires nous ont demandés de quitter, après ils vont gérer la situation. Maintenant, le lundi encore, les jeunes sont revenus, ils ont voulu encore manifester. Nous sommes sortis leur dire qu’il n’y aura pas de manifestation ici, parce que rien n’a été annoncé par aucune organisation. Donc, il n’y aura pas de manifestation ici. Ça, c’était vers les 22h, nous sommes restés là-bas à discuter. Quand ils érigent des barricades, on vient, on enlève. On est restés dans ça jusqu’à dans les bandes de 00h. Après les gendarmes sont venus à partir du quartier. Ils sont sortis du quartier, tout le monde s’est mis à courir. Le petit Ibrahima Manet ne savait pas où s’était placé les policiers, lui a couru vers eux. C’est ainsi ils ont tiré sur le petit, il est tombé. Et le mal dans tout ça, il est allé jusque là où le petit est couché, il s’est arrêté à côté du petit Ibrahima Manet qui se battait pour se relever, il a dit en haute voix, que le petit va mourir là-bas. C’est ici que tu vas mourir, il est resté à côté. Entre-temps, les secouristes sont venus, ils ont voulu prendre le petit, les mêmes gendarmes les ont lancés des gaz lacrymogènes, les gens là ont laissé le petit ils ont couru. Ça, c’était dans les bandes de 00h. Après que les gendarmes sont partis, nous sommes allés prendre le petit et l’envoyer à l’hôpital Sino-guinéen vers 01h du matin. Ils ont commencé à faire des premiers soins et nous sommes restés là-bas jusqu’au matin’’, a-t-il déclaré.
A en croire Mamadou Yaya Manet, frère de la victime, après les premiers soins à l’hôpital Sino-guinéen, les médecins auraient demandé à la famille de payer 6 440 000 GNF, pour la prise en charge de l’adolescent. Faute de quoi, ils ne feront aucun traitement au blessé. La famille n’ayant pas pu payer ce montant, Ibrahima Manet aurait été abandonné à lui-même et il a fini par rendre l’âme au cinquième jours de son hospitalisation.
‘’Mardi matin, ils nous ont donnés des ordonnances à payer pour les premiers soins, on a payés ça. Après, ils nous aussi demandés une somme de 2 millions GNF. Ça aussi, la famille a collecté l’argent, on l’a payé. Ils ont fait passé le petit sur le scanner pour connaître l’état de sa tête. Après, le mercredi soir, les médecins nous ont encore donnés une ordonnance de 6 440 000 GNF. La famille n’ayant pas les moyens, nous sommes restés à chercher l’argent mercredi, jeudi, vendredi on n’a pas trouvé l’argent. Le petit était couché, les médecins n’ont pas aussi fait leur travail. Ils ont dit qu’ils ne vont pas traiter le petit tant que l’argent n’est pas au complet. Et hier samedi, comme d’habitude c’est moi qui était au chevet du petit, je suis allé avec son manger, je suis rentré là où le petit était couché. Et bizarrement, je ne l’ai pas trouvé en place. Je demande aux médecins, ils me disent que le petit a rendu l’âme depuis. Ils ne nous ont pas tenir informer, parce que nous on a quittés là-bas à 20h et c’est à 21h que le petit a rendu l’âme. De cette heure à mon arrivée, le lendemain matin, ils ne nous ont pas informés du décès du petit. Vu que le petit est décédé, la famille a réclamé le corps pour qu’on puisse l’enterrer. C’est ce qui a été fait, on l’a enterré hier samedi, 15 juillet, après la prière de 14h’’, a-t-il révélé, avant de réclamer justice pour son jeune frère.
‘’Aujourd’hui, nous réclamons Justice pour le jeune Ibrahima Manet, parce qu’il était innocent. Il n’avait rien à avoir avec la manifestation’’, a-t-il interpellé.
Sous le choc, Mamadou Alpha Manet, père de la victime a demandé aux autorités, surtout au Colonel Mamadi Doumbouya, de diligenter des enquêtes, pour faire la lumière sur la tuerie de son garçon. Il a aussi annoncé qu’il va porter plainte contre l’unité incriminée.

‘’Je pardonne au petit qui est décédé, mais je ne pardonne pas à celui qui a tué le garçon. Je demande au président Mamadi Doumbouya d’ouvrir les enquêtes au niveau des gens qui ont tué, en tant que premier responsable du pays. On demande justice pour mon fils. Je vais porter plainte contre la BAC, parce qu’ils disent que ce sont eux qui sont venus tuer mon enfant ici. Si toutefois ils venaient avec des gaz là, c’était bon, mais venir tirer des balles réelles et tirer sur les enfants, je ne suis pas content et je ne pardonnerai pas à celui qui a tiré sur mon garçon’’, a déclaré le père de la victime.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.