Les travaux sur le débat d’orientation constitutionnel se sont ouverts ce lundi, 15 mai 2023, à l’hémicycle du palais du peuple de Conakry. Initié par le Conseil National de la Transition (CNT), il se tiendra durant deux semaines. A cette occasion, toutes les composantes de la Nation vont donner leur avis, formuler leurs propositions sur les grandes lignes de la nouvelle Constitution.
Cette rencontre a été présidée par Dr. Dansa Kourouma, en présence du premier ministre, des membres du gouvernement, des coalitions des partis politiques, des représentants de la société civile, des diplomates accrédités en Guinée, du secrétaire général de l’union interparlementaire et des membres du CNRD.
Dans son discours de circonstance, le premier ministre, chef du gouvernement, n’a manqué pas d’exprimer l’attente de son gouvernement à l’issue du débat, avant de déclarer que la future constitution doit répondre aux aspirations du peuple, traverser le temps et résister aux tentations des hommes.
‘’Elle doit aussi avoir la capacité de s’adapter à son environnement, embrasser les grands principes universels, tout en préservant notre identité propre. Bref, elle doit demeurer forte’’, a indiqué Dr. Bernard Goumou.
Poursuivant, le locataire du petit Palais de la colombe, estime que l’enjeu est de taille. C’est pourquoi, selon lui, les autorités ont la conviction que les principes et valeurs devant prévaloir dans la réflexion de la rédaction du futur texte constitutionnel, seront essentiels pour l’orientation que le CNRD et son Gouvernement souhaitent donner au pays.
‘’Dans cette dynamique, une parfaite appropriation par les populations de ces principes et ces valeurs, commande la prise en compte de nos cultures ancestrales, la solidarité, l’hospitalité, le dialogue sur l’arbre à palabre pour un vivre ensemble apaisé et au bénéfice de tous. Aussi, et pour la sauvegarde de la souveraineté de notre pays, il est impératif que nous ayons une constitution qui garantisse notre unité nationale dans notre diversité, qui constitue un rempart à toute tentative de révision à des fins personnels, égoïstes et prévoit des sanctions à l’encontre des acteurs et auteurs de tout manquement’’, a-t-il ajouté.
Dans la même dynamique, le chef du Gouvernement dira que la nouvelle constitution doit garantir les droits fondamentaux relatifs à l’éducation, à la santé et à l’environnement.
‘’Notre future constitution est une opportunité pour effectivement garantir des droits fondamentaux relatifs à l’instruction, à la santé, à l’habitat, à la sécurité alimentaire pour tous les citoyens guinéens et particulièrement pour les femmes et les personnes vulnérables. Nous tenons à attirer votre attention sur des questions liées aux enjeux écologiques, climatiques et en général, la problématique environnementale de nos activités minières. À cet effet, nos textes doivent poser clairement le rôle et les obligations de l’État dans la préservation et dans la restauration de l’environnement naturel national (…)’’, a invité Dr. Goumou.
Pour le Premier ministre, la future constitution sera perceptible, mais devra résister aux épreuves du temps, aux défis conjoncturels et surtout aux ambitions personnelles.
‘’Chaque mots et chaque ligne qui seront accouchés dans le projet de loi fondamentale, devront être choisis et adoptés sur la base de leurs qualités, à renforcer les principes et valeurs en particulier, l’unité nationale et la cohésion sociale, la justice et le respect de la dignité humaine, ainsi que la solidarité et l’équité’’, a recommandé le chef du Gouvernement.

Présidant cette rencontre, le président du CNT, Dr. Dansa Kourouma a laissé entendre que le débat d’orientation constitutionnel est un moment majeur de la Transition, conviant toutes les composantes de la Nation à donner leur avis, formuler leurs propositions sur les grandes lignes de la nouvelle Constitution, collecter, disséquer et clarifier les positions respectives des partis politiques, des organisations de la société civile, les syndicats et les autres organisations professionnelles pertinentes.
‘’Après ces étapes de contact physique avec nos populations, de collecte de leurs préoccupations et de débats académiques sur le constitutionnalisme, nous voici aujourd’hui à la porte du débat d’orientation constitutionnel. Le but de ce débat est de dépasser ou d’éliminer la polémique stérile, de réduire les controverses et divergences, pour favoriser une approche consensuelle ou largement majoritaire et constructive par son inclusivité. Le débat d’orientation constitutionnel, que nous allons avoir, n’est pas d’ordre disciplinaire ou académique, comme ce fut le cas du symposium en février dernier. Les discussions que nous devons mener seront porteuses des revendications et recommandations des populations, qui nous serviront à esquisser un nouvel horizon de compréhension de notre avenir commun, propre à concilier l’ordre public et la liberté, le droit de l’individu et les impératifs de la société, les pouvoirs et prérogatives de l’État et les droits du particulier. Le débat d’orientation constitutionnel est alors un moment majeur de la Transition, conviant toutes les composantes de la Nation à donner leurs avis, formuler leurs propositions sur les grandes lignes de la nouvelle Constitution, collecter, disséquer et clarifier les positions respectives des partis politiques, des organisations de la société civile, les syndicats et les autres organisations professionnelles pertinentes. Nous allons ainsi réfléchir ensemble, sans complaisance, ni restriction mentale d’aucune sorte, pour choisir notre orientation constitutionnelle, poser les valises juridiques et politiques utiles au succès espéré de la Transition. Les travaux du débat d’orientation constitutionnel sont, dès lors, un rendez-vous essentiel en amont de l’élaboration de la Constitution, qui vise l’intériorisation profonde du futur ordre constitutionnel dans la culture politique et dans le mode de vie civique de nos populations. L’objectif est de repenser la réorganisation de l’espace politique guinéen, à la lumière de notre histoire constitutionnelle’’, a discouru Dr. Dansa Kourouma.

Pour sa part, Martin Chungong, Secrétaire général de l’Union Interparlementaire (UIP) a félicité le conseil national de transition, pour l’organisation de ce débat, avant de s’engager au nom de son institution, à accompagner le CNT.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
+224 611 460 410