Si dans les autres villes du pays, la journée du 1er mai a été consacrée à la célébration de la journée internationale du travail, à travers notamment des festivités et des rencontres autour d’un thème choisi à cet effet, à Kissidougou, fort malheureusement, les braves travailleurs ont été privés de cette belle opportunité qui ne se présente pourtant qu’une seule fois par an.
Durant toute la journée de ce lundi 1er mai 2023, la maison des jeunes qui a toujours servi de cadre à l’organisation des festivités liées à la célébration de cette journée, est restée fermée. Pourtant, les autorités communales et l’ensemble des travailleurs n’ont pas du tout boudé cette fête. Mais la réalité est qu’en face, ils n’ont eu aucune proposition venant des structures concernées à la base, en l’occurrence les mouvements syndicaux qui ont tout simplement brillé par leur absence sur le terrain.
D’ailleurs, à part le caractère ‘’chômé et payé’’ de cette date, aucun signe visible ayant trait à une journée de fête n’était palpable dans la cité de Kissi-kaba Keita.
Par faute d’organisation à caractère solennel, certains travailleurs sont restés dans leurs familles respectives tandis que d’autres, se sont donnés rendez-vous dans les cafétérias, pour discuter ensemble des problèmes qui assaillent le monde du travail en général. C’est le cas de M. Yôma Kondano, professeur d’histoire présent dans un célèbre café de la place. Il n’a pas manqué de manifester sa déception.
‘’D’abord, je profite de votre micro pour souhaiter heureuse fête à tous les travailleurs du monde entier et plus particulièrement à ceux de Kissidougou, même si ici nous n’avons pas eu la chance cette fois-ci de communier autour de cette journée qui s’offre à nous comme une occasion non seulement de partager la joie d’appartenir à ce grand cercle des travailleurs. Mais aussi, cette journée devrait être mise à profit, pour échanger entre nous sur les réalités qui caractérisent le monde du travail sur le plan local. Naturellement, je suis surpris et déçu, mais je pense que les responsables syndicaux vont essayer de redorer le blason dans l’avenir, pour que cette belle journée soit célébrée à Kissidougou de la façon la plus solennelle. Je ne saurai terminer sans demander à l’État, à travers le CNRD, de tout mettre en œuvre, pour créer des bonnes conditions de vie et de travail à l’ensemble des travailleurs de Guinée’’, a-t-il plaidé.

Rencontré à l’hôpital au chevet d’un membre de sa famille, Elhadj Alhassane Touré qui brigue son troisième mandat en tant que secrétaire général de l’Union locale des Transporteurs de Kissidougou, évoque les raisons de la morosité de cette journée de fête dans sa localité.
‘’Étant le premier responsable de la grande famille des travailleurs à Kissidougou, je souhaite bonne fête à tout le monde et au même moment, je présente mes excuses au nom de tout le bureau à l’ensemble des travailleurs pour ce constat amer, du fait de la non célébration en fanfare de cette journée internationale de travail. Mais d’ailleurs, je vous rassure que ce n’est que partie remise, car nous allons nous retrouver très prochainement, pour prendre toutes les dispositions, afin de trouver une date consensuelle pour l’organisation de cette fête ici de façon officielle en différé. Cette année, malheureusement la plupart des membres du bureau sont confrontés à des difficultés d’ordre sanitaire et moi-même comme vous constatez, je suis au chevet de ma belle-fille à l’hôpital. Mieux que tout ça, nous n’avons reçu aucune directive venant du chef-lieu de la région Faranah, ni de Conakry, comme cela a toujours été le cas. J’interpelle l’État à fournir plus d’efforts pour créer un environnement de travail commode pour l’épanouissement des travailleurs. Aussi, j’invite l’ensemble des travailleurs à plus de responsabilités, de courage et d’endurance, car ce pays est le nôtre et personne d’autre ne viendra le faire développer à notre place’’, a-t-il conseillé.

À l’occasion de ce 1er mai, beaucoup de jeunes en état de chômage à Kissidougou ont les oreilles tendues et surtout ils ont leurs mots à dire pour ne pas se sentir comme étant des oubliés des différents régimes. C’est le cas de Mohamed Lamine Fofana, un jeune mécanicien, diplômé en mécanique générale, sortant de l’École Nationale des Arts et Métiers depuis 2013.
‘’Comme il n’y a pas de journée internationale des chômeurs, nous aussi nous profitons de ce 1er mai, pour interpeller l’État à se pencher aussi sur notre cas, car chacun aspire à un bon travail. Donc, le Gouvernement doit créer les conditions pour l’accès à l’emploi. Actuellement en Guinée, les sociétés qui recrutent sont rares et l’État ne recrute pas, en plus pour avoir le travail dans une société, il faut être recommandé’’, a-t-il déploré.

A signaler que l’Union locale des travailleurs de Kissidougou regroupe en son sein 15 branches d’activités professionnelles.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino Sylla, pour Lerevelateur224.com.
+224 610 454 552