Ce samedi 25 mars 2023, des affrontements ont éclaté entre les populations de Horè koubi ( Commune Urbaine de Dinguiraye ) et celles de Tamba Noro ( Commune rurale de Lansanaya ) dans la plaine de Norodji, située à une quinzaine de kilomètres du centre ville de Dinguiraye. Cette plaine de près de 200 hectares est située entre les deux localités et est une zone d’exploitation maraîchère par excellence.
Amadou Diallo, l’une des victimes de Horè koubi, nous explique les circonstances dans lesquelles les affrontements ont eu lieu :
« Il y a quatre ans depuis que les problèmes ont commencé entre nous populations de Horè koubi et celles de Tamba Noro, autour de la plaine de Norodji située entre nos deux villages. Nous avons été vainqueurs du jugement qui a été fait à la justice de paix de Dinguiraye. Après le procès, ils ont fait appel à la cour d’appel de kankan qui a contredit la décision de Dinguiraye et rendu en leur faveur. Nous, horèkoubikas, avions aussi demandé de transférer le dossier au niveau de la cour suprême de Conakry qui nous a par la suite envoyé un document nous autorisant à continuer nos activités. Nous avions fait une dizaine de jours sans arroser nos plants ( aubergine, gombo, piment, oignon etc ). Les plants et les fruits avaient commencé à sécher car la justice nous avait dit d’arrêter toute activité sur le terrain. C’est ainsi que nous sommes allés reprendre nos activités ce Samedi matin. Arrivés sur les lieux, nous avons trouvé trois jeunes de Tamba Noro derrière les clôtures de nos jardins. Dès que nous sommes rentrés dans la clôture et commencé à arroser, ils nous ont demandé de quitter et à proliférer des injures à notre égard. Mais nous avons refusé de quitter. C’est ainsi qu’ils sont partis appeler leurs parents de Tamba Noro. Et ces derniers sont venus en grand nombre munis de machettes, de hâches, de bois et de cailloux. Nous avons aussi appelé nos parents qui sont venus en renfort ».
Quant à Mamadou Barry, une autre victime de Tamba Noro :
« Nous avions porté plainte en 2019 à la justice de paix de bDinguiraye et pendant plus d’une année nous n’avons rien compris. À chaque fois la justice nous demandait de l’argent pour l’arrêt des activités sur le terrain des gens de Horè koubi. Une fois que cela est fait, ceux de Horè koubi aussi viennent à leur tour payer de l’argent pour les autoriser à continuer leurs activités. C’était une véritable arnaque. C’est ce qui nous a amené à demander à ce que le dossier soit transféré à la cour d’appel de kankan. Le juge de paix d’alors nous avait demandé de payer cinq millions de francs guinéens (5.000.000FG) pour traiter le dossier et l’amener à kankan. Nous nous sommes acquittés. La cour d’appel après les enquêtes avait tranché en faveur de Tamba Noro et nous avait autorisé à continuer nos activités de maraîchage et demandé à ceux de Horè koubi de quitter les lieux.
Ce samedi matin, certains de nos parents étaient partis pour arroser leurs jardins et c’est là que les gens de Horè koubi sont venus leur dire de quitter et que la plaine leur partient . Ils étaient armés de coupe-coupes, de hâches, de cailloux et bâtons. Ils nous ont pourchassés jusque derrière nos concessions et ont blessé plusieurs d’entre nous ».
On compte une vingtaine de blessés dont trois dans une situation critique.
Les autorités judiciaires ont ouvert les enquêtes pour situer la responsabilité des infractions commises et punir les auteurs.
Dinguiraye, Ibrahima Braddock Diakité pour lerevelateur224.com
