Dans une déclaration rendue publique ce samedi 25 mars 2023, des jeunes ressortissants de la préfecture de Macenta, résidents à Conakry, se sont désolidarisés, d’une assise qui serait organisée par un groupe de femmes pour réconcilier, d’après elles, les fils de la localité.
Cette démarche des femmes initiatrices de ses assises, fait suite aux évènements meurtriers des 26, 27 et 28 décembre 2020 à Macenta.
Mais pour les jeunes ressortissants de la préfecture, sans justice, toute tentative de réconciliation, est pour eux, une provocation et un déshonneur pour la mémoire de tous ceux qui sont morts dans des conditions inhumaines.
Merci de lire ci-dessous leur déclaration…
Mesdames et Messieurs,
Nous avons appris à travers les réseaux sociaux et les médias qu’une assise a eu lieu le mercredi 22 mars 2023 dans la commune urbaine de Macenta. Une assise qui serait organisée par un groupe de femmes pour réconcilier, d’après elles, les citoyens de Macenta suite aux évènements meurtriers des 26, 27 et 28 décembre 2020.
Il convient de rappeler que ces tristes évènements qui ont ému tout le peuple de Guinée, ont endeuillé plusieurs familles à Macenta et fait des dégâts matériels inestimables. Jusqu’à ce jour, des orphelins et des veuves sont inconsolables. Ils continuent de pleurer leurs pères et leurs maris brutalement arrachés à leur affection. Des personnes victimes de pillages n’arrêtent pas de réclamer justice.
L’Etat, dans le but de rendre justice aux victimes pour un vivre ensemble harmonieux et durable à Macenta, a ouvert le procès de ces violences meurtrières le jeudi 30 décembre 2021 à N’zérékoré et nous saluons l’effort de l’Etat dans l’évolution de ce dossier de Macenta et des verdicts déjà rendus.
Nous rappelons, à l’occasion, que nous sommes partisans de toutes les démarches pouvant conduire à la paix entre les citoyens guinéens en général et ceux de Macenta en particulier. Mais, ces démarches doivent être sincères et basées sur la vérité et non sur des émotions et des intérêts personnels inavoués.
C’est pourquoi, mesdames et messieurs, nous-nous désolidarisons de cette assise de ces femmes qui ont organisé ce simulacre de réconciliation car sans justice, toute tentative de réconciliation est pour nous une provocation et un déshonneur pour la mémoire de tous ceux qui sont morts dans des conditions inhumaines.
Pour nous jeunes ressortissants, le seul moyen de consoler toutes les familles victimes, est de les rendre justice comme l’a promis le CNRD dans son discours du 06 septembre 2021 où il affirme que la justice sera désormais la boussole qui orientera les actions de chaque citoyen.
Pour une paix durable à Macenta, nous souhaitons d’abord la justice c’est-à-dire la réparation des torts avant la réconciliation car une réconciliation hâtive, aboutie à une paix éphémère et nous n’en voulons plus.
Vive la paix durable à Macenta!
Vive la justice !
Fait à Conakry, le 25 mars 2023
Les jeunes ressortissants de Macenta
