Depuis des mois, des acteurs politiques et de la société civile, regroupés désormais au sein des forces vives de Guinée, réclament à cor et à cri l’ouverture d’un autre dialogue avec le CNRD, pour discuter de la conduite de la transition. Ce, après l’accord obtenu entre la junte au pouvoir et la CEDEAO, mais aussi, le premier dialogue inter-guinéen, qui a connu la participation de certains acteurs sociopolitiques.
Interrogé ce jeudi 16 mars 2023, par rapport à cette actualité qui défraie la chronique dans le pays, Boubacar Sidighy Diallo, s’est questionné sur la nécessité de ce dialogue, après avoir obtenu un accord avec la CEDEAO.
‘’Le chronogramme c’est les actes qu’il faut poser dans le cadre de la refondation. Ils ont décliné 10 points, qu’est-ce qui revenait aux politiques, c’est de venir dire OK, on accepte de venir autour de la table. Ces 10 points comment on va les analyser. On veut sortir rapidement de la transition, on boude le premier dialogue, on invite à un second dialogue, mais si le président veut tirer la transition, il dit d’accord on va ouvrir un second dialogue. Mais le dialogue c’est quoi? C’est parler, ils vont parler jusqu’à quand. La CEDEAO a déjà acté les 24 mois, donc le dialogue servira à quoi en ce moment ? Quel va être le thème ? Parce qu’ils ne vont pas revenir sur un point déjà acté par la CEDEAO. Or, le fondamental pour ces leaders, c’était le délai, mais ce délai maintenant est cimenté. Alors quelles autres choses ils vont faire ? Il y a dix points sur lesquels la refondation porte, il n’y a aucun rôle des partis politiques dedans. Maintenant ça porte sur la liberté des gens qui ont des convocations au niveau de la juridiction et ça, c’est des préalables si le CNRD s’amuse avec ça, d’autres aussi vont s’insurger. Parce que ce que je ne comprend pas, quand on fait un dialogue politique dans un pays, on dit qu’on retire des plaintes contre des citoyens, on libère un citoyen arrêté pendant plusieurs mois, c’est vraiment dommage’’, a-t-il martelé chez nos confrères de Djoma média, dans l’émission ‘’On refait le monde’’.
Ce leader politique pense qu’il ne sert à rien de faire descendre les enfants dans la rue. Parce que dit-il, pendant qu’ils perdent la vie, ceux qui appellent à la manifestation sont confortablement à leurs résidences. Pour lui, il faut que les gens reviennent à une norme où ils doivent s’écouter, où ils doivent intégrer que personne ne parle en son nom, pour ses humeurs, mais pour le pays.
‘’Mais dès lors qu’on a saboté le premier dialogue, quand vous n’êtes pas autour de la table, à quel moment vous allez faire passer, prospérer votre idée. Aujourd’hui, l’Ukraine est sur une autre table, ça discute comment sortir de la crise pendant qu’on tire dessus. Nous, on ne se tire pas dessus mais, on boude la table. Maintenant la conclusion c’est quoi? C’est les enfants qui meurent dans la rue et pendant qu’ils meurent les leaders sont dans leurs résidences, le président est au palais. Et la résultante de tout ça, on dit préserver les droits, c’est pour se battre pour conforter les droits. Je suis d’accord qu’on conforte les droits, mais pourquoi les martyrs ont plus de sens que ceux qui meurent sans guerre? C’est parce que les martyrs sont morts pour une cause juste. Mais ceux qu’on tue là c’est pourquoi ? C’est pour avoir un dialogue ? Est-ce que c’est une cause qui nécessite que quelqu’un perde son fils? Donc il faut que les gens reviennent à une norme où ils doivent s’écouter ou ils doivent intégrer que personne ne parle en son nom pour ses humeurs, mais pour le pays. Mais personne ne pense comme ça, que ça soit le CNRD et les acteurs’’, fustige Boubacar Sidikh Diallo.
Facinet CAMARA
