Située à Wonkifong, à un peu plus de 10km du chef-lieu de la préfecture de Coyah, la prison civile de cette localité, est l’une des plus oubliées de la République. Depuis plusieurs années, des travaux d’extension de cette maison carcérale ont débuté. Mais à ce jour, rien n’est fait sur place, si ce n’est qu’un vieux bâtiment inachevé, qu’on peut trouver sur les lieux.
En plus de cette image, le domaine sur lequel devait être bâti l’édifice, la quasi-totalité a été vendue par certains cadres du département de la justice à l’époque aux particuliers.
C’est seulement en mi 2022, lorsqu’il était Procureur Général Près la Cour d’Appel de Conakry, qu’Alphonse Charles Wright a doté cette maison carcérale de matériels de construction, pour une annexe devant aussi abriter d’autres détenus vu la pléthore.
Même si à ce jour elle ne compte que cent quatre-vingt-huit (188) détenus dont deux (2) femmes, elle est toujours confrontée à d’énormes problèmes de places.
Les hommes et les femmes sont tous ou presque dans les mêmes cellules, sans aucune barrière de séparation. Et pour éviter que des détenus entretiennent des relations intimes dans les cales, comme ce qu’il avait déploré lors de sa tournée qui lui a conduit dans la ville de Siguiri, (où une des détenues aurait eu à entretenir des relations intimes avec un détenu jusqu’à ce que grossesse s’en ai suivi), le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé, de faire érigé dans un bref délai, un autre bâtiment exclusivement consacré aux femmes. Il a confié cette information lundi 13 février 2023, en marge de sa visite dans cette prison.
‘’Ça fait plusieurs années que cette prison civile n’a pas de cour. Ce qui fait que les détenus sont enfermés 24h/24, avec toutes les maladies que cela entraîne. Le bâtiment que vous voyez, nous venons de le réaliser ; mais il est insuffisant, il faut trouver encore un bâtiment pour les femmes. Parce que vous savez, l’expérience amère de Siguiri nous pousse aujourd’hui à ne pas attendre. Lorsque les femmes et les hommes sont dans un même bâtiment, quelque soit ce que nous voulons les offrir en termes de sécurité et autres, il va s’en dire qu’elles sont toujours vulnérables. Il sera mieux comme le prévoient d’ailleurs les règles en la matière, il faut qu’il y ait un quartier des femmes, des mineurs, mais aussi des hommes. Mais on le fait avec les moyens de bord, puisque Coyah doit connaître aussi la construction des infrastructures. Mais comme vous le savez, cette cour qui va être érigée, permettra sans doute à ces détenus d’avoir une certaine liberté de pouvoir circuler et autres’’, a-t-il espéré avant d’annoncer.
‘’J’ai décidé de doter cette prison d’une cellule pour les femmes, d’acheter des matelas pour elles. Parce que comme vous le savez, lors de notre tournée, partout où nous sommes passés, on a pu acheter des nattes, des bouilloires, des ventilateurs pour les détenus. Vous le savez, les conditions de détention sont difficiles, elles sont d’autant plus difficiles, qu’elles privent l’individu de son milieu social. Donc, lorsque l’individu pense qu’il est là (prison, ndlr) pour mourir, cela est une perte de la vision que l’on veut faire des prisons qui est celle de préparer l’individu pour une meilleure insertion sociale. Cela ne peut pas se faire si on ne revoit pas nos infrastructures‘’, a soutenu le garde des Sceaux.

Pour Alphonse Charles Wright, il faut aller avec des solutions à court, moins et long termes, pour tirer nos prisons de cette situation malheureuse de nos infrastructures carcérales.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
