En marge de leur récente conférence de presse, la défense de l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a exprimé son opposition à l’ouverture très prochaine, du procès de leurs clients, tant que la Cour suprême ne rend pas sa décision sur la demande de mise en liberté qu’elle a introduite auprès de cette haute juridiction du pays.
Pour prendre part à ce procès, les avocats de l’ex chef du Gouvernement du régime d’Alpha Condé, pose une autre condition : la médiatisation du jugement, afin de garantir sa crédibilité.
Invité chez nos confrères de FIM FM, dans l’émission ‘’Mirador’’ de ce lundi 06 février 2023, Maître Mohamed Saïd Diang, un des avocats de Dr Ibrahima Kassory Fofana, a fait savoir que cette décision est partie d’un constat de multiples violations des droits fondamentaux, garantis dans la charte de la transition. Il s’est également insurgé contre la Cour suprême, qu’il accuse de traîner les pas pour maintenir leurs clients en prison.
‘’Aujourd’hui, ce que la Cour suprême est en train de faire vis-à-vis de monsieur Kassory Fofana, de Dr Diané, de Oyé Guilavogui, c’est tout simplement un déni de justice. Les citoyens guinéens ont le droit d’accéder à la justice de leur pays. Quand on les placent sous mandat de dépôt, qu’ils ont des libertés qui ont été ordonnées par le juge d’instruction. S’il y a de pourvoir en cassation, ce pourvoir doit être jugé. Il est inconcevable que la Cour suprême soit saisie d’une question de libération et qu’elle reste non seulement muette et refuse de répondre à cette demande là. Et pendant ce temps, le procureur spécial sur instruction du gouvernement, accélère la procédure pour organiser un procès. Donc avant d’organiser le procès, il faut respecter le droit d’accès à la justice, pour que la Cour suprême nous réponde d’abord. Si non, la défense en tirera toutes les conséquences au plan national et international. La position de la défense de Kassory est claire : elle n’est pas une défense de connivence. Nous ne sommes pas là, nous les avocats de Guinée et de l’étranger, pour accompagner nos clients sur l’escabeau, jusqu’à ce qu’une justice leur coupe la tête. Nous ne sommes pas là pour accompagner ou simple figurant d’une scène judiciaire qui est déjà au palais Mohamed V, au ministère de la justice ou ailleurs. Nous ne pouvons pas faire des compromissions sur ce point là”, a déclaré l’avocat d’un ton ferme.
De même, Me Mohamed Saïd Diang a réitéré que les avocats constitués pour défendre Kassory et Cie, vont user de tous les moyens légaux, pour exiger la tenue d’un procès juste et équitable en faveur de leurs clients.
‘’Tous les instruments qui protègent nos clients doivent être mis en œuvre et c’est résumé par l’organisation d’un procès juste et équitable. Un procès juste et équitable, ce n’est pas seulement la phase de jugement, c’est depuis l’instruction à l’enquête préliminaire de la Gendarmerie, à la chambre de contrôle jusqu’à toute procédure à la Cour suprême. Le verre est dans le puit, la phase de jugement est déjà vicieux par de nombreuses violations que la défense ne peut pas accepter, ni cautionner. Notre position d’aujourd’hui est claire, nous userons de toutes les voies légales pour empêcher la tenue de ce procès, qui serait un désastre judiciaire compte tenu des violations récurrentes des droits de l’homme. En tout cas, ne compter pas sur la défense de Kassory, pour cautionner un simulacre de procès qui n’a d’autres fins que d’empêcher, de priver nos clients de leurs droits civiques et politiques, c’est-à-dire, de participer aux éventuelles joutes électorales”, a-t-il prévenu.
Facinet CAMARA
