En prélude à la célébration de la journée internationale des Droits de l’Homme prévue le 10 décembre 2022 sous le thème: “dignité, liberté et justice pour tous”, une première concertation des hommes sur la masculinité positive pour mettre fin aux violences contre les femmes et filles en République de Guinée s’est tenue à Conakry. Une journée de réflexion, d’échange et de partage d’information sur la problématique de la violence basée sur le genre avec plusieurs panélistes composés de religieux, de journalistes, et des experts qui s’inscrivent dans le cadre des 16 jours d’activisme sous l’initiative est du Haut-Commissariat au droit de l’Homme et ses partenaires.
Ladite cérémonie a connu la présence de président du Conseil National de la Transition, des cadres du ministère de la Promotion Féminine et de l’Enfance et de Personnes Vulnérables, du ministère de la Justice, du coordinateur résident du Système des nations unies en Guinée et autres invités. A l’issue de plusieurs heures de débats et de témoignages autour du thème, le représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits en Guinée a reconnu l’existence de la violence faite aux femmes et aux filles. Une réalité d’après lui qu’on peut changer à travers les différents comportements.
“C’est la première concertation qui se tient en République de Guinée et qui a un focus sur le thème cette année »mettre fin aux violences basées sur le genre, violences faites aux femmes et aux filles » (…) il faut l’assumer, la violence existe partout. Mais la violence basée sur le genre met en scène deux principaux acteurs, la principale victime, c’est la femme et la fille et le principal acteur, c’est l’homme, le garçon. C’est une réalité de notre société que nous pouvons changer. C’est un peu ça aussi l’essence de la masculine positive. C’est-à-dire, avoir des garçons et des filles capables de changer d’attitude, de comportement pour servir d’exemple et dire non à la violence comme forme d’expression avec la femme. Le comportement que nous devons avoir vis-à-vis de nos filles, de nos enfants, de nos sœurs, nos épouses et nos mamans peuvent infléchir positivement la tendance hélas non enviable de viol et de violence a l’encontre des femmes”, a indiqué Patrice Havard.

Présidant ladite journée de réflexion et de partage, Dr Dansa Kourouma a estimé que la masculinité positive est un facteur pour la lutte contre la discrimination des femmes.
“La masculinité positive, ce concept qu’on vient de populariser m’a toujours habité dans le combat que je mène contre la violence basée sur le genre. Parce que j’ai toujours dit que la parité est toujours réclamée par les femmes, elle ne sera jamais prise au sérieux. Mais quand elle est réclamée par les hommes, il y a beaucoup de chances qu’elle soit prise au sérieux. Donc, la masculinité positive, est un adjuvant essentiel pour la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes. Donc, il suffit seulement que la supériorité que les hommes ont sur le plan physique soit utilisée comme un moyen de protection des femmes”, a déclaré le président du Conseil National de la Transition (CNT).

L’une des panélistes de cette cérémonie a saisi cette occasion pour faire des plaidoyers auprès de l’institution qui fait office du parlement en cette période transitoire.
“On s’est adressés au président du CNT en tant qu’ homme parce que vous aviez suivi le thème de la rencontre qui est la première concertation sur la masculinité positive, c’est pour dire que la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas un combats des femmes. C’est un combat de tout un chacun surtout l’engagement des hommes. La masculinité positive c’est emmener des hommes à s’engager auprès des femmes auprès des OSC à lutter contre les violences que subissent. On s’est adressés au président du CNT parce qu’aujourd’hui quoi qu’on dise, nous sommes dans une transition parce que le CNT a valeur de parlement, c’est à ce niveau que se votent les lois. C’est de veiller surtout à l’application des lois, mais de faire en sorte que les lois qui sont là et qui sont voté s’appliquent mais aussi qu’on fasse des propositions de lois allant dans le sens du durcissement des lois qui existent sur le cas des violences faites aux femmes”, a-t-elle souhaité.

Pour sa part, l’imam Ratib de la grande mosquée Fayçal El Mamadou Saliou Camara a apprécié la rencontre avant de décliner ce que l’islam dit à propos.
“Nous devons respecter la femme car même les animaux respectent la femme entre-deux (…) nous devons ensemble respecter la femme et la femme doit se respecter elle-même. C’est pourquoi elle a besoin d’éducation de base afin de la faire connaître sa valeur avant qu’elle ne grandisse”, a fait savoir ce religieux.

D’autres séances en lien avec ces jours d’activisme sont prévues les heures qui suivent par les initiateurs.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
