La 21ème session de l’Assemblée Générale des Etats parties aux statuts de Rome sur la Cour Pénale Internationale s’est ouverte ce lundi, 05 décembre 2022 à la Haye, en Hollande. Et, c’est Alphonse Charles Wright, ministre de la Justice, Garde des Sceaux qui représente la Guinée à ce rendez-vous.
Dans son discours de circonstance, Alphonse Charles Wright est revenu sur les objectif de la Cour pénale Internationale qui, selon lui, convergent avec ceux de la Guinée.
“Cette convergence de vue entre le gouvernement de la République de Guinée et la Cour Pénale Internationale doit nous amener à approfondir des réflexions sur l’émergence d’un monde tourné vers le principe de responsabilité devant tous les actes dévant poser les uns et les autres. Les sessions de l’Assemblée Générale des Etats Parties au Statut de Rome constituent le cadre idéal d’échanges et de réflexions au profit exclusif du principe de responsabilité qui découle des actes posés ici et là”, a-t-il dit d’entrée.
“En effet, la situation socio-politique de la Guinée héritée par les nouvelles autorités était caractérisée par des nombreuses tares dont la corruption, la mauvaise gouvernance, la politisation de l’administration et l’instrumentalisation de la justice. Pratiques favorisées par l’impunité à outrance. C’est pour inverser cette tendance que le gouvernement a engagé des actions décisives notamment dans la lutte contre les crimes économiques à travers la création de la Cour de répressions des infractions économiques et financières (CRIEF) et les violations graves des droits humains”, rappelle-t-il avant de se prononcer sur le massacre du 28 septembre 2009 en cours en Guinée.
“En effet, la Guinée s’est tristement illustrée ce jour par la répression par les autorités d’alors, d’une manifestation pacifique des citoyens exerçant un droit fondamental, garanti par tous les instruments internationaux de protection des droits de l’homme. Au cours de ces douloureux évènements, 156 concitoyens ont trouvé la mort, plus d’une centaine de femmes violées et violentées, de nombreux disparus et des blessés graves, dont certains avec des séquelles à vie. Depuis cette date, les victimes, leurs ayant-droits, le peuple de Guinée et l’humanité toute entière attendent que justice soit rendue. Vous conviendrez donc avec moi, qu’un Gouvernement qui se veut responsable, ne saurait laisser ces atrocités impunies. C’est pourquoi, dès la prise du pouvoir le 05 septembre 2021, le Colonel Mamadi Doumbouya, Président de la Transition, Chef de l’Etat, a clairement affiché son intention de faire juger toutes les personnes concernées par ces atrocités au moyen d’un procès juste et équitable. C’est pour opérationnaliser cette volonté qu’il nous instruit de prendre toutes les mesures pour la tenue de ce procès afin de permettre à la Guinée de clôturer cette page sombre de l’histoire du pays.
Je suis heureux et fier, au nom du Gouvernement de la transition, de vous informer que depuis le 28 septembre 2022, que les présumés auteurs, dont le Chef d’Etat d’alors, comparaissent par devant le tribunal criminel de Dixinn, dans le respect des droits de toutes les parties”, a souligné Alphonse Charles Wright.
Concluant son allocution à la tribune de la Haye, le Garde des Sceaux a précisé devant l’Assemblée que des efforts substantiels sont consentis notamment pour l’organisation matérielle du procès mais aussi dans le cadre des réparations et indemnisations des victimes.
Décryptage de Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
