Le Président guinéen de la transition a, à travers un décret lu hier lundi à la télévision nationale, créé un cadre de dialogue autour duquel, les acteurs sociopolitiques vont discuter de leurs préoccupations. Un acte salué par le PEDN, même si son chargé de communication révèle quelques inquiétudes vis-à-vis de la forme dudit cadre de dialogue.
Dans l’émission « les grandes gueules » de la radio Espace ce mardi, 20 septembre 2022, Mohamed Cissé est revenu sur la position du PEDN par rapport à cet autre cadre de dialogue qui sera piloté par le Premier ministre, chef du gouvernement.
“Le cadre est en place et ce qui reste à préciser, quelle est la forme qui va encadrer tout cela? Est-ce que c’est la centaine des partis politiques qui va se retrouver dans une même salle ou bien comment ça va se faire ? Le cadre n’est pas défini tel que le PEDN l’a proposé. Mais nous sommes convaincus que dans un contexte de conflits, on ne vient pas avec des propositions arrêtées. Donc, il n’y a pas de pensée unique. Nous sommes disposés à venir discuter et le reste pourrait s’améliorer au fil du temps. Ce qui est important, que les Guinéens s’asseyent, qu’ils se regardent et discutent de ce qui les concerne”, a-t-il dit avant de poursuivre:
« Pour nous, il n’y a pas de contradiction entre le cadre créé et la contribution d’un médiateur que nous, nous appelons facilitateur externe. Et, le médiateur quand il est venu, il a signifié que leur intervention est rendue plus facile lorsqu’il y a un cadre interne déjà opérationnel. Ce qui veut dire que l’existence du cadre ne peut pas empêcher que la CEDEAO contribue quel que soit le niveau. Donc, il faut d’abord prendre ce qui existe et voir comment demander plus en terme d’amélioration. Donc, nous trouvons que ce n’est pas contradictoire et que c’est bien possible que la CEDEAO continue à donner sa contribution », a indiqué le chargé de la communication du parti de Lansana Kouyaté, qui évoque également le cas des autres acteurs politiques qui avaient fait certaines réclamations concernant la participation à un cadre de dialogue.
« Notre inquiétude n’est pas liée à la participation de ceux qui valident tout. Ils ont le droit de participer mais comment ils peuvent participer? Nous avons des coalitions politiques qui existent, nous avons proposé à ce qu’il y ait un représentant par coalition politique avec la participation de l’Union Européenne, de la France et des États-unis et la facilitation de la CEDEAO. Et avec les acteurs institutionnels tels que le MATD et le gouvernement, ça peut nous permettre d’avoir une vingtaine de personnes autour de la table. Et les coalitions peuvent arrêter leurs positions par rapport aux points en conflit. Et chaque représentant peut transmettre le message de sa coalition. Ainsi, ça nous permet à la fois de garantir l’inclusivité mais aussi, d’exiger la qualité parce que le nombre ne fait pas forcément la qualité », a-t-il fait savoir.
Il reste à savoir si Bernard Goumou parviendra à faire venir tous les acteurs politiques et sociaux autour d’une même table afin de répartir sur une bonne base pour une transition apaisée en Guinée.
Bah Mohamed
