Sur le plateau de France24, Kabinet Komara, ancien Premier ministre de la transition de 2009 en Guinée, s’est prononcé sur la transition au Mali et en Guinée. D’entré Kabinet Komara, a tout d’abord donné des détails sur les causes des coups d’État en Afrique.
‘’ J’ai déjà moi-même eu l’occasion de gérer une transition en 2009. Donc les transitions ne sont pas faciles mais si vous le placez dans le contexte global en Afrique de l’Ouest, la Guinée vient après maintenant deux coups d’Etat. Y en a eu 96 sur tout le continent depuis nos indépendances dont 50 en Afrique de l’Ouest, c’est vraiment trop.
Les causes des Coups d’Etat sont connues, c’est la mauvaise gouvernance, c’est le fait qu’il y a des élections mal effectuées, le fait que la gestion publique a été abstraitement autocratique, donc ça aboutit à des coups d’Etat et ceux qui arrivent au pouvoir disent qu’ils doivent faire la rédemption, qu’ils doivent faire en sorte que le pays soit remis sur les rails.
Ceux qui sont dans la lutte politique depuis un certains temps se disent que c’est l’occasion pour eux maintenant d’accélérer les choses pour accéder au pouvoir. Comment concilier ces deux positions ? A savoir ceux qui veulent faire Robain du Bois et ceux qui veulent accéder au pouvoir rapidement. Je l’ai dit dans une tribune que j’ai publiée il y a quelques jours, il est essentiel que les guinéens aient raison gardée, la communauté internationale est fatiguée de nous, elle s’est tellement désespérée de nous. Il faut que ce nouveau départ soit le dernier pour qu’il n’y ait pas une autre transition. Etant cela, il faut que chacun mette les pieds au dessus de tout”, explique l’ancien Premier ministre », qui relance sur le dialogue appelé par le Premier ministre, Mohamed Béavogui.
‘’ J’ai été déjà assez satisfait il y a quelques jours, que tout le monde ait répondu à l’appel du Premier ministre. En suite, les uns et les autres posent beaucoup de conditions mais je rappelle à chacun cette phrase d’Amadou Ampathé Bah ‘’ y a votre vérité, y a ma vérité, y a la vérité qui est entre nous deux ‘’. Donc, il faut faire preuve de flexibilité pour arriver à une entente. C’est rare qu’un dialogue démarre entièrement sur une entente et qu’on continue directement. Mais je crois que la bonne foi cette fois-ci, doit pouvoir prévaloir. Il est essentiel, chacun doit avoir à l’idée qu’il faut sauver la Guinée. Sauver la Guinée suppose que vous mettez de coté un peu vos égos, que ce soit le pouvoir que ce soit les partis politiques ou la société civile. Je crois, les populations guinéennes ont vraiment besoin d’une certaine accalmie ‘’, indique-t-il.
Souvent traité de médiateur entre la CEDEAO et le Gouvernement guinéen, l’ancien Premier ministre apporte des précisions.
‘’ Je n’ai jamais été un médiateur entre la CEDEAO et le Gouvernement guinéen. Ce que j’ai essayé de faire, c’est d’abord rappelé à la CEDEAO elle-même, elle a failli à un moment donné. Vous savez que le protocole additionnel sur la bonne gouvernance de la CEDEAO indiquait qu’il n’y a pas de changement de Gouvernement ou de constitution moins de 6 mois avant les élections. Donc ça a été botté en touche en Guinée, parce que le président Alpha Condé a modifié les choses quelques mois avant. La CEDEAO ne pouvait pas sanctionner la Guinée. Ce que j’ai demandé, ce que la CEDEAO revoit ce protocole pour qu’il soit définitivement indiqué que les changements que ce soit 6 mois, 9 mois avant ne sont pas autorisés et que les deux mandants doivent être des règles partout…..Donc, j’appelle la CEDEAO à se remettre en règle pour que les populations ne soient pas étonnées que des sanctions tombent pendant qu’au moment ou des sanctions devaient être prises contre les Gouvernements indélicats n’ont pas été prises ‘’, a-t-il martelé.
Ibrahima Camara, lerevelateur224.com
